Divorce AES-CEDEAO : le Dr Cheikh Tidiane Gadio plaide pour une nouvelle architecture de dialogue et de coopération en Afrique de l’Ouest

Divorce AES-CEDEAO : le Dr Cheikh Tidiane Gadio plaide pour une nouvelle architecture de dialogue et de coopération en Afrique de l’Ouest

Face à la rupture grandissante entre les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) et la CEDEAO, l’ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, appelle à tourner la page des sanctions et à repenser en profondeur l’intégration ouest-africaine. Il propose la ստեղծation d’une nouvelle organisation régionale et un dialogue politique inclusif à l’échelle du continent.

Une rupture difficilement réversible

 Pour Cheikh Tidiane Gadio, la crise actuelle entre la CEDEAO et les pays de l’AES (Mali, Burkina Faso et Niger), marque une fracture historique. Selon lui, les tensions accumulées, les sanctions économiques et les menaces d’intervention militaire ont profondément détérioré les relations entre États ouest-africains. « On ne peut pas ramener ces pays après des divorces aussi amers », estime-t-il, pointant des erreurs de part et d’autre. S’il condamne les coups d’État militaires, il critique tout autant les réponses apportées par l’organisation sous-régionale, jugées inadaptées et contre-productives.

Sanctions et menaces militaires : une impasse

L’ancien chef de la diplomatie sénégalaise dénonce avec vigueur les sanctions imposées au Mali et au Niger, ainsi que l’embargo énergétique ayant affecté durement les populations civiles. Il évoque notamment des conséquences humanitaires graves, incompatibles avec les valeurs de solidarité africaine. De même, la menace d’une intervention militaire au Niger est, selon lui, une erreur stratégique majeure. Cheikh Tidiane Gadio met en avant les liens historiques et fraternels entre les armées ouest-africaines, qui rendent illusoire toute confrontation directe.

Privilégier le dialogue de terrain

Parmi ses principales propositions, Gadio plaide pour une diplomatie de proximité. Il regrette que les chefs d’État n’aient pas opté pour une mission collective à Niamey dès le début de la crise. Selon lui, une délégation de dirigeants ouest-africains aurait dû se rendre sur place pour dialoguer avec toutes les parties prenantes : autorités militaires, président déchu, société civile et acteurs politiques. Une approche inclusive qui, dit-il, aurait permis d’aboutir à une solution africaine concertée.

Vers une nouvelle organisation régionale

Constatant les limites actuelles de la CEDEAO, Cheikh Tidiane Gadio propose la création d’une nouvelle entité : l’Union des États de l’Afrique de l’Ouest. Cette organisation, qui regrouperait aussi bien les pays de l’AES que ceux de la CEDEAO, permettrait selon lui de redéfinir les bases de la coopération régionale dans un esprit renouvelé. « Il faut s’asseoir à nouveau et reconstruire notre relation », insiste-t-il.

Un sommet pour repenser la gouvernance en Afrique

Au-delà de la crise institutionnelle, Gadio appelle à un examen plus profond des causes d’instabilité politique sur le continent. Il propose la tenue d’un sommet historique sur la gouvernance en Afrique. Ce rendez-vous devrait aborder non seulement les coups d’État militaires, mais aussi les dérives constitutionnelles et électorales. L’ancien ministre dénonce notamment les modifications opportunistes de constitutions et les processus électoraux contestés qui fragilisent la démocratie.

Pour une refondation panafricaine

Fidèle à son engagement panafricaniste, Cheikh Tidiane Gadio plaide pour une Afrique plus solidaire, capable de résoudre ses crises par le dialogue plutôt que par la contrainte. Pour lui, l’avenir de l’Afrique de l’Ouest repose sur une refondation des mécanismes de coopération, fondée sur la confiance, le respect mutuel et une volonté commune de construire une stabilité durable.

Vox Sahel

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