Burkina : l’État devient le seul Patron de la Sofitex

Burkina : l’État devient le seul Patron de la Sofitex

Le gouvernement burkinabè a franchi un autre cap dans la gestion de son secteur cotonnier en actant, lors du Conseil des ministres du 16 avril 2026, la nationalisation totale de la SOFITEX. Cette décision consacre la volonté des autorités de reprendre le contrôle intégral d’un levier clé de l’économie nationale, dans un contexte marqué par des défis structurels persistants.

Jusqu’ici détenue majoritairement par l’État à hauteur de 89 %, avec une participation résiduelle de 11 % répartie entre démembrements publics et investisseurs privés, la société passe désormais sous pavillon entièrement public. L’opération vise, selon les autorités, à renforcer la gouvernance et à aligner davantage la stratégie de l’entreprise sur les priorités nationales de développement.

Pilier historique de l’économie burkinabè, le coton représente une source essentielle de devises et de revenus pour des millions de producteurs. Pourtant, la SOFITEX traverse depuis plusieurs années une zone de turbulence. Endettement croissant, charges de fonctionnement élevées, retards de paiement aux producteurs : autant de facteurs qui ont fragilisé la chaîne de valeur.

À cela s’ajoutent des contraintes exogènes, notamment la volatilité des prix sur le marché international et la hausse des coûts des intrants agricoles. Ces éléments ont réduit la compétitivité de la filière, mettant sous pression les marges de l’entreprise et le pouvoir d’achat des producteurs.

En optant pour une nationalisation complète, le gouvernement entend reprendre la main sur les orientations stratégiques de la filière coton. Cette décision s’inscrit dans une logique plus large de souveraineté économique, portée par les autorités, avec en toile de fond la vision du Capitaine Ibrahim Traoré.

L’objectif affiché est double : assainir la situation financière de l’entreprise et améliorer son efficacité opérationnelle. En devenant l’unique actionnaire, l’État pourra, en théorie, accélérer les réformes internes, rationaliser les coûts et garantir une meilleure redistribution des ressources au profit des producteurs.

Au-delà du cas de la SOFITEX, cette décision constitue un test grandeur nature pour la stratégie économique du Burkina Faso. Elle illustre un retour assumé de l’État dans des secteurs jugés stratégiques, avec l’ambition de bâtir un modèle de développement plus souverain et résilient.

Vox Sahel

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