SN Citec : Le retour annoncé de la pâte d’arachide « Tiguèdiguè »
Une renaissance industrielle portée par la valorisation du made in Burkina
Longtemps absente des rayons et des habitudes de consommation, la pâte d’arachide industrielle pourrait bientôt signer son grand retour au Burkina Faso. La Société Nouvelle Compagnie Industrielle de Transformation et d’Exploitation des Cultures Oléagineuses (SN Citec) relance progressivement son unité de production dédiée à la célèbre pâte d’arachide conditionnée autrefois sous la marque « Tiguèdiguè ».
Nationalisée le 20 novembre 2025 dans un contexte de reconquête économique et industrielle, la SN Citec poursuit aujourd’hui sa restructuration avec une ambition claire : redonner vie à une entreprise stratégique du secteur agroalimentaire burkinabè et renforcer la transformation locale des matières premières.
Le vendredi 29 mai 2026, la société a annoncé sur sa page Facebook que les travaux de réhabilitation du bâtiment destiné à la production de pâte d’arachide sont en phase terminale. Une étape symbolique pour cette unité restée silencieuse pendant de nombreuses décennies.
Le retour d’une marque populaire
Pendant plusieurs années, la SN Citec produisait une pâte d’arachide industrielle conditionnée dans des boîtes métalliques sous la marque « Tiguèdiguè ». Un produit qui avait réussi à se faire une place dans les foyers burkinabè grâce à sa praticité et sa qualité.
Mais malgré cet ancrage, la société avait fini par arrêter cette production. En cause : la forte concurrence des transformatrices artisanales, très présentes sur les marchés locaux et bénéficiant d’une proximité avec les consommateurs. Les unités artisanales, plus flexibles et adaptées aux réalités locales, avaient progressivement dominé ce segment.
À cela s’ajoutaient d’autres contraintes structurelles, notamment les difficultés d’approvisionnement en arachide de qualité, les coûts de transformation industrielle ainsi que la concurrence des huiles végétales importées, qui ont également limité les perspectives de production d’huile d’arachide à grande échelle.
Une nouvelle vision industrielle
Aujourd’hui, la SN Citec veut tourner une nouvelle page. À travers cette relance, l’entreprise entend diversifier son offre agroalimentaire tout en participant activement à la valorisation des productions agricoles nationales.
Les infrastructures rénovées devraient accueillir de nouveaux équipements techniques destinés à moderniser la chaîne de production. Selon la société, la reprise effective des activités interviendra dès l’achèvement des derniers travaux d’aménagement et d’installation.
Cette dynamique s’inscrit dans la volonté des autorités burkinabè de renforcer la souveraineté économique et alimentaire du pays en misant sur la transformation locale.
Un enjeu économique et social
Au-delà du retour d’un produit apprécié des consommateurs, la relance de cette unité représente un enjeu économique important. Elle pourrait contribuer à créer des emplois directs et indirects, stimuler la filière arachidière et offrir de nouveaux débouchés aux producteurs locaux.
Dans un contexte où la promotion du « consommer local » gagne du terrain, la renaissance de « Tiguèdiguè » apparaît également comme un symbole : celui d’une industrie nationale qui tente de retrouver sa place dans le quotidien des Burkinabè.
La Direction générale de la SN Citec a d’ailleurs salué l’engagement des équipes mobilisées sur le projet, soulignant leur professionnalisme et les efforts consentis pour permettre l’avancement significatif des travaux.
Entre mémoire collective, enjeux économiques et ambitions industrielles, le retour annoncé de la pâte d’arachide « Tiguèdiguè » pourrait bien marquer le début d’une nouvelle ère pour la SN Citec.
Vox Sahel

