Edito/Dissolution de partis politiques au Burkina : Place à une nouvelle ère politique

Edito/Dissolution de partis politiques au Burkina : Place à une nouvelle ère politique

Le Burkina Faso vient de franchir un seuil historique. En décidant, ce jeudi 29 janvier 2026, de dissoudre l’ensemble des partis et formations politiques, le Gouvernement pose un acte d’une portée exceptionnelle, inédit dans l’histoire politique récente du pays. Il faut le dire sans détour que dans un passé encore proche, une telle décision aurait été jugée inimaginable, voire politiquement suicidaire.

Mais les temps que traverse le Burkina Faso ne sont pas ordinaires. Ils sont ceux d’une transition, période par essence propice aux choix audacieux, aux ruptures assumées et aux décisions courageuses que les régimes classiques n’osent souvent pas prendre. Le diagnostic posé par les autorités sur le système partisan est sans complaisance.

La prolifération incontrôlée des partis politiques, loin de renforcer la démocratie, a contribué au fil des années à fragmenter la société, à brouiller les repères idéologiques et à éloigner l’action politique des préoccupations réelles des populations. Dans bien des cas, la quête de l’intérêt général a cédé le pas aux calculs égoïstes, plongeant le pays dans un labyrinthe politique dont il peine encore à sortir.

La crise multidimensionnelle que connaît aujourd’hui le Burkina Faso n’est pas née du hasard. Elle est aussi le produit d’un système politique qui, progressivement, s’est déconnecté du peuple et de ses aspirations profondes. En ce sens, la dissolution des partis apparaît comme une rupture nécessaire et radicale avec des pratiques ayant montré leurs limites.

Cette décision ouvre désormais la voie à une nouvelle configuration du paysage politique national. Une configuration que les autorités veulent plus cohérente, plus responsable et surtout plus en phase avec les attentes du peuple burkinabè. La refondation annoncée ne saurait être une simple parenthèse ; elle appelle à repenser le mode de gouvernance politique, les règles du jeu démocratique et le rôle des acteurs appelés à les incarner.

L’histoire jugera. Mais une chose est certaine : le gouvernement vient de poser un acte fort, qui marque un tournant et confirme que, dans les moments de transition, ce sont souvent les décisions les plus audacieuses qui dessinent les chemins de l’avenir.

La Rédaction

Vox Sahel

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