EDITO/Plan RELANCE 2026-2030 : Enfin une boussole pour l’économie burkinabè
Le Burkina Faso a longtemps souffert d’un mal silencieux mais profond : l’absence de continuité et de vision claire dans ses politiques de développement. Avec la présentation du Plan RELANCE 2026-2030 devant l’Assemblée législative du Peuple, le gouvernement semble vouloir rompre avec cette navigation à vue pour proposer une orientation stratégique assumée : bâtir une économie souveraine, résiliente et tournée vers ses propres forces. Il faut saluer cette ambition.
Dans un contexte marqué par les défis sécuritaires, la pression sociale et les incertitudes économiques mondiales, le Plan RELANCE apparaît comme une tentative sérieuse de redonner du tonus à l’économie burkinabè. Le choix de miser sur la production nationale, la transformation locale des ressources, le capital humain, l’innovation et les infrastructures constitue un signal fort. Pendant longtemps, le Burkina a trop consommé ce qu’il ne produisait pas et exporté ses richesses sans réelle valeur ajoutée locale. Le temps est venu de changer de paradigme.
L’intérêt majeur de ce plan réside surtout dans la vision qu’il porte. Un pays ne peut avancer sans savoir clairement où il veut aller. Le Plan RELANCE fixe des objectifs précis : réduction de la pauvreté, amélioration de l’espérance de vie, triplement de la capacité énergétique, montée en puissance de la recherche et de la formation professionnelle. Cette clarté stratégique est essentielle pour mobiliser les énergies nationales autour d’un même idéal de développement.
Mais cette réussite ne dépendra pas uniquement des autorités. Chaque Burkinabè doit s’approprier cette vision. Les producteurs, les chercheurs, les entrepreneurs, les enseignants, les jeunes, la diaspora et les collectivités doivent comprendre qu’un véritable développement ne se décrète pas dans les bureaux ; il se construit collectivement, dans le travail, l’innovation et le patriotisme économique.
Cependant, l’enthousiasme ne doit pas faire oublier les leçons du passé. Les Burkinabè ont déjà connu de grands référentiels de développement aux promesses ambitieuses. Le souvenir du PNDES reste encore présent dans les esprits. Beaucoup de discours, beaucoup d’annonces, mais des résultats souvent en deçà des attentes populaires. Le danger serait donc que le Plan RELANCE devienne à son tour un document séduisant sur le papier, mais difficilement perceptible dans le quotidien des populations.
Cette fois, le Burkina n’a plus droit à l’échec. Le véritable défi sera celui du concret : des projets visibles, des infrastructures fonctionnelles, une amélioration réelle des conditions de vie, une industrialisation progressive et surtout une gestion rigoureuse des ressources. Car un plan de développement crédible ne peut dépendre excessivement des financements extérieurs au risque de subir le diktat des partenaires et des intérêts étrangers. La souveraineté économique ne sera possible que si le pays apprend à financer une bonne partie de son développement à partir de ses propres ressources, de sa production, de son épargne nationale et de l’engagement de sa diaspora.
Le Plan RELANCE peut devenir un tournant historique pour le Burkina Faso. Mais pour cela, il devra dépasser le stade des intentions et entrer dans celui des résultats. Les Burkinabè n’attendent plus seulement des promesses ; ils attendent des transformations réelles et durables.
La Rédaction

