MILIEU CACERAL AU BURKINA: Abdoulaye Dera reconduit à la tête de l’AIPAD
L’Association islamique pour l’assistance aux détenus (AIPAD) a organisé son congrès le 12 avril 2026 à Ouagadougou pour faire le bilan du mandat écoulé, actualiser ses textes et renouveler ses instances. A cet effet, les membres ont renouveler leur confiance à Abdoulaye Dera, comme président de l’AIPAD,désormais engagé à impulser une dynamique plus forte au service des personnes incarcérées.

Créée en 2012, l’AIPAD intervient dans les milieux carcéraux avec une approche à la fois spirituelle, sociale et humanitaire. « Il s’agit d’aider ces personnes à se reconstruire, à se réinsérer et à garder espoir », a expliqué le président, soulignant l’importance d’un accompagnement global pour des détenus souvent marginalisés.
Le nouveau mandat s’ouvre toutefois sur de nombreux défis. L’association ambitionne d’étendre ses activités sur l’ensemble du territoire, en mettant en place des sections dans les différentes régions abritant des maisons d’arrêt. Cette stratégie vise à garantir une présence effective et un soutien continu aux détenus, où qu’ils se trouvent.
Autre priorité affichée, la question du siège social. « Nous avons longtemps travaillé avec des moyens limités. Disposer d’un cadre adéquat nous permettra de mieux coordonner nos actions et de répondre efficacement aux besoins », a indiqué Abdoulaye Dera. Mais au-delà de l’organisation interne, la principale difficulté reste d’ordre financier.
Les actions de solidarité, les ruptures collectives pendant le Ramadan ou encore l’organisation d’activités festives nécessitent des ressources conséquentes. « Les partenariats restent insuffisants, même si des bonnes volontés nous accompagnent déjà », a-t-il reconnu. L’accès aux établissements pénitentiaires constitue également un enjeu, bien que des avancées aient été enregistrées grâce à une meilleure collaboration avec les autorités.

Dans son intervention, le président de l’AIPAD a surtout lancé un appel à un changement de perception. « Il ne faut pas penser que tous ceux qui sont en prison sont irrécupérables. Ce sont des êtres humains qui ont besoin d’écoute, d’accompagnement et de compassion », a-t-il plaidé.
Rappelant que nul n’est à l’abri de certaines épreuves, il invite les Burkinabè à plus de solidarité envers les détenus. A travers ce nouveau mandat de 3 ans, l’AIPAD espère ainsi mobiliser davantage de soutiens pour redonner dignité et espoir aux personnes privées de liberté.
Par Amir BAKO

