11e réunion de la Coalition contre Daesh : L’énigmatique absence des pays de l’AES, une stratégie à double visage ?
Une approche à géométrie variable ?
Une lutte contre le terrorisme intégral sans le Sahel
Une absence remarquée et controversée
Une participation limitée des pays africains
Lors de la 11e réunion ministérielle de la Coalition mondiale contre Daesh, le Togo a vivement réagi à l’absence des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) au sein de cette rencontre stratégique. Le ministre des Affaires étrangères togolais, Robert Dussé, a exprimé sa surprise et son indignation face à l’absence de cette région clé dans la lutte contre le terrorisme, particulièrement en Afrique de l’Ouest.
« Nous ne pouvons pas réussir la lutte contre le terrorisme, particulièrement en Afrique de l’Ouest, sans l’implication des pays du Sahel », a déclaré Robert Dussé, distinctif que les nations du Togo, du Bénin, de la Côte d’ L’Ivoire et le Ghana, bien que représentés à cette réunion, sont confrontés à des attaques terroristes venant principalement du Sahel. Il a ajouté que les pays d’où émergent les groupes terroristes, comme le Mali, le Burkina Faso et l’Égypte, constituant l’Alliance des États du Sahel (AES) et qu’il est paradoxal de les exclure des discussions internationales.
La Coalition mondiale contre Daesh, créée en 2014 sous la présidence des États-Unis, compte aujourd’hui 87 membres, dont des puissances telles que les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, le Canada et l’Allemagne. Pourtant, les relations de plusieurs pays occidentaux avec les États du Sahel se sont détériorées à la suite des transitions militaires successives dans cette région, de la rupture des accords militaires et du rapprochement de ces États avec la Russie. Cette situation explique probablement l’absence de l’AES lors de cette réunion de haut niveau à Washington.
Bien que l’Afrique soit au cœur des préoccupations en matière de lutte contre le terrorisme, notamment avec la montée en puissance de Daesh sur le continent, l’exclusion des pays du Sahel suscite des interrogations. Certains pays africains, comme le Togo, la Tunisie, le Nigeria, l’Égypte et le Maroc, sont membres de la coalition, avec une participation notable dans le domaine du renseignement. En 2021, les États-Unis, l’Italie et le Maroc ont formé l’Africa Focus Group, une initiative visant à coordonner les efforts de lutte contre le terrorisme en Afrique.
L’exclusion des pays de l’AES de cette rencontre pourrait renforcer les soupçons de ces nations qui accusent certains pays occidentaux de soutenir le terrorisme. Malgré les appels répétés à une approche plus inclusive et globale, les intérêts géopolitiques et les jeux d’influence au Sahel semblent l’emporter sur l’urgence sécuritaire.
Les groupes terroristes, affiliés à Daesh, continuent d’étendre leur influence en Afrique, particulièrement dans le bassin du lac Tchad, le Sahel et la Somalie, qui sont aujourd’hui identifiés comme les points chauds de l’État islamique sur le continent, selon les Nations Unies. Il devient donc primordial d’inclure tous les acteurs régionaux, notamment les pays du Sahel, dans les efforts internationaux pour éradiquer le terrorisme en Afrique.
Par Vox Sahel

