Aïd elle fitr au Burkina Faso : Un appel à l’unité et à la responsabilité pour consolider la paix

Aïd elle fitr au Burkina Faso : Un appel à l’unité et à la responsabilité pour consolider la paix

Le 19 février 2026, les musulmans du Burkina Faso entamaient le jeûne du Ramadan, un mois de dévotion, de pénitence et de rapprochement avec Dieu. Trente jours plus tard, ce 19 mars, ils ont marqué la fin de ce pilier de l’islam par la grande prière de l’Aïd à la Place de la Nation, à Ouagadougou. Dans un contexte national marqué par des défis sécuritaires, les fidèles ont unanimement élevé des prières pour la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.

La prière, dirigée par l’imam Abdallah Ouédraogo, a réuni une forte mobilisation de fidèles musulmans, mais également une délégation gouvernementale, des autorités coutumières et des représentants religieux, notamment de l’Église catholique, témoignant d’une solidarité interreligieuse remarquable.

Après l’accomplissement des deux rakats, place a été faite au sermon de l’imam. Celui-ci a rappelé toute la portée spirituelle du mois de Ramadan, qualifié de période bénie, tout en mettant en garde contre le retour aux mauvaises habitudes après cette parenthèse de purification. Il a souligné que durant un mois, les fidèles se sont adonnés au jeûne, à la prière, à l’écoute et à l’interprétation du Saint Coran.

L’imam Abdallah Ouédraogo a également insisté sur l’importance du Zakat el fitr, ou aumône de la fin du jeûne, rappelant son caractère obligatoire ainsi que sa destination en faveur des plus démunis. Selon lui, cette solidarité doit permettre aux personnes vulnérables de célébrer dignement la fête.

Dans un ton empreint de responsabilité, il a lancé un appel fort à la retenue et à la vigilance dans les propos. Pour lui, « il faut faire attention à nos propos pour éviter le pire au pays » et encourager des paroles porteuses de paix. Il a réaffirmé que l’islam est une religion de paix et que l’atteinte de cette paix passe par des attitudes responsables : la sincérité dans les intentions, l’évitement des conflits internes dans un contexte déjà fragilisé par le terrorisme, ainsi que le respect des aînés et l’abandon des injures.

S’adressant également aux prêcheurs, il les a exhortés à promouvoir la crainte de Dieu, à sensibiliser au bien et à décourager le mal, tout en évitant les discours polémiques. Il a par ailleurs relayé l’appel du Mogho Naaba à l’éducation des enfants, estimant que, face aux dérives actuelles, les adultes eux-mêmes ont besoin d’être rééduqués. D’où son plaidoyer pour une sensibilisation accrue de la jeunesse aux valeurs de cohésion sociale et de civisme.

Présent à cette prière, le ministre d’État en charge de l’administration territoriale, Émile Zerbo, a indiqué être venu au nom du gouvernement pour communier avec les fidèles musulmans et leur témoigner sa reconnaissance pour leurs prières constantes en faveur de la paix.

Dans le même esprit, la délégation catholique, conduite par le nonce apostolique Monseigneur Eric Soviguidi, a exprimé sa solidarité en venant prier aux côtés des musulmans pour le retour de la paix et de la sécurité au Burkina Faso.

Prenant également la parole, le président de la communauté musulmane, Moussa Koanda, a formulé des prières pour la paix, tout en saluant la présence et le soutien constants de la communauté catholique lors des grands moments. Il a aussi adressé ses remerciements au gouvernement pour les efforts consentis en vue d’améliorer les conditions de vie et de travail des populations, avant de lancer un appel à l’union de tous pour bâtir un Burkina Faso apaisé.

Par Amir BAKO

Vox Sahel

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