Édito| Élection présidentielle au Bénin : Quand céder le pouvoir devient grandeur
La décision du président Patrice Talon de ne pas briguer un troisième mandat restera comme un acte fort dans l’histoire politique récente du Bénin. Dans un contexte africain où certains dirigeants s’accrochent au pouvoir, quitte à manipuler les constitutions ou à sacrifier la paix sociale, Talon a choisi une autre voie qui est celle du respect de la parole donnée et de la continuité républicaine.
Alors que des partisans l’exhortaient à rempiler, il a tenu mordicus à se retirer, fidèle à son engagement initial. Voilà la marque d’un homme d’Etat. Car la démocratie ne se mesure pas seulement à l’organisation d’élections, mais aussi à la capacité des dirigeants à céder la place, à permettre à d’autres de porter le flambeau et à ouvrir la voie à une nouvelle génération de leadership.
Le choix de Romuald Wadagni, ministre d’Etat chargé de l’économie et des finances, illustre cette volonté de transmettre le témoin. Jeune, compétent, auréolé de réformes économiques saluées au-delà des frontières, il incarne la continuité et une certaine modernité. Mais au-delà de sa personne, c’est l’exemple donné par Patrice Talon qui mérite d’être souligné, un dirigeant qui démontre que le pouvoir n’est pas une propriété privée, mais une responsabilité passagère au service du peuple.
A l’heure où, sous d’autres cieux, certains préfèrent s’accrocher au fauteuil, quitte à étouffer toute contestation et à fragiliser l’avenir de leurs nations, le Bénin donne une leçon qui est celle d’une démocratie qui respire, qui se renouvelle, qui prouve qu’elle peut être à la fois forte et apaisée. C’est dans ce refus du troisième mandat, dans cette confiance en la jeunesse et dans ce respect de l’esprit républicain, que réside la véritable beauté de la démocratie.
La Rédaction

