Niger : Projet de vente de 1000 tonnes d’uranium enrichi à la Russie, l’inquiétude grandit à Paris

Niger : Projet de vente de 1000 tonnes d’uranium enrichi à la Russie, l’inquiétude grandit à Paris

Le Niger envisage de céder à la Russie près de 1 000 tonnes d’uranium enrichi, une transaction qui pourrait être conclue dans les prochaines semaines, selon des révélations du quotidien français Le Monde. Cette opération, qui impliquerait une société russe non encore nommée et la Sopamine, société nigérienne spécialisée dans la commercialisation de minerais, suscite une vive inquiétude du côté de Paris sur fond de tensions diplomatiques persistantes entre Niamey et la France depuis le coup d’État de juillet 2023.

L’enjeu dépasse le simple champ commercial. Pour Paris, il s’agit d’une question stratégique : la France, qui dépend largement de l’uranium sahélien pour l’alimentation de son important parc de centrales nucléaires, pourrait perdre l’accès à une ressource clé qu’elle considérait historiquement comme sécurisée. Ce potentiel transfert massif de volumes vers la Russie viendrait fragiliser davantage une chaîne d’approvisionnement déjà sous pression, alors même que la question énergétique occupe le premier plan des préoccupations européennes dans un contexte de recomposition géopolitique accélérée.

Au-delà de l’impact économique, l’opération conforte la montée en puissance de Moscou dans l’espace africain, notamment au Sahel, où la Russie multiplie depuis plusieurs mois accords, partenariats sécuritaires, déploiement de conseillers militaires, investissements miniers et offensives d’influence. Pour les experts, cette vente d’uranium pourrait renforcer la place russe dans le secteur stratégique de la transition énergétique mondiale, au moment où l’Union européenne cherche activement à diversifier ses dépendances énergétiques hors du continent africain.

Niamey n’a pour l’heure pas officiellement confirmé l’information, mais les autorités nigériennes ont plusieurs fois exprimé leur volonté de redéfinir leurs partenariats et de s’affranchir des schémas historiques, en privilégiant de nouveaux alliés jugés plus “respectueux des souverainetés africaines”. Si la transaction venait à aboutir, elle signerait une nouvelle rupture majeure dans l’équilibre énergétique et diplomatique entre la France et l’espace sahélien.

Par Vox Sahel

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