ÉDITO | Situation en Guinée-Bissau : Coup d’ Etat ou coup d’éclat ?
La scène qui s’est jouée en Guinée-Bissau ces derniers jours ne fait pas honneur à notre continent. Ce qui se présente comme un « coup d’État » contre le président Umaro Sissoco Embalo ressemble, à première vue, davantage à un coup d’éclat soigneusement orchestré qu’à une véritable transition démocratique.
Entre la fuite précipitée de l’ex-président vers le Sénégal puis le Congo et l’occupation violente du siège du PAIGC par des groupes miliciens, la Guinée-Bissau traverse une crise dont l’ombre plane sur toute l’Afrique de l’Ouest. Sauf un naïf pourrait croire à un coup d’Etat, tellement les éléments disent tout du contraire.
Il faut se demander, si Emballo par cet acte veut refuser les résultats des urnes où sans doute son adversaire pouvait lui ravir le pouvoir. Toute le monde le sait très bien qu’en simulant un coup d’Etat, les compteurs revenaient à zéro et que le président Emballo ne risquait rien, sauf aller dans un autre pays pour se la couler douce.
Les tensions dans la capitale, les échauffourées dans les quartiers périphériques et les accusations de manipulation des résultats électoraux montrent que ce pays vit une mascarade politique où la légitimité et la démocratie sont foulées aux pieds.
Ce spectacle n’est pas seulement inquiétant pour les Bissau-Guinéens, il interpelle les institutions régionales et continentales. La CEDEAO et l’Union africaine ne peuvent rester des spectateurs impuissants. Il est impératif qu’elles se penchent sérieusement sur cette affaire, sous peine de voir leur crédibilité gravement entamée.
L’Afrique mérite mieux. Nos peuples méritent mieux. Que la Guinée-Bissau ne devienne pas un symbole de l’impunité et de la manipulation politique, mais plutôt une alerte pour que chaque institution africaine remplisse son rôle : protéger la démocratie et la paix sur le continent.
La Rédaction

