Niger : Déchéance de nationalité pour neuf figures politiques et militaires accusées de trahison
Le gouvernement de la transition au Niger a annoncé la déchéance de la nationalité de neuf personnalités politiques et anciens responsables militaires proches de l’ancien régime du président déchu Mohamed Bazoum. Cette décision a été officialisée par un décret signé par le président du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), le Général de Brigade Abdourahamane Tiani.
Dans un communiqué publié par le secrétariat général du gouvernement et relayé par l’Agence Nigérienne de Presse (ANP), il est précisé que ces individus sont déchus de leur nationalité pour avoir commis « diverses infractions » affectant la sécurité nationale et les intérêts stratégiques du paie.
Selon les termes du communiqué, la déchéance de nationalité intervient conformément à l’ordonnance n° 2024-43 du 27 août 2024, modifiée et complétée par l’ordonnance n° 2024-46 du 7 octobre 2024. Ce cadre légal instaure un fichier des personnes et entités impliquées dans des actes de terrorisme ou dans toute autre infraction portant atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation.
Ces personnes sont accusées d’activités mettant en danger la sécurité et la stabilité du pays, notamment des actes de complot, de trahison et d’intelligence avec des puissances étrangères. Elles sont également suspectées d’avoir participé à des entreprises visant à démoraliser l’armée nigérienne et la nation dans le mais de nuire à la défense nationale.
Le communiqué mentionne également des accusations de diffusion de proposition troublant l’ordre public et de facilitation de l’entrée de forces étrangères sur le territoire nigérien, autant d’infractions graves qui ont motivé cette décision.
La déchéance de nationalité est l’une des mesures les plus sévères prises par le gouvernement de transition pour garantir la sécurité nationale. Depuis la prise de pouvoir par le CNSP en juillet 2023, le Niger traverse une période de tensions, notamment en raison de la montée des menaces sécuritaires dans la région du Sahel.
Cette décision s’inscrit dans le cadre de la politique du CNSP visant à renforcer la souveraineté et la sécurité du pays face à ce qu’il considère comme des menaces internes et externes.
Le gouvernement de transition assure que d’autres mesures similaires pourraient être prises à la rencontre de personnes ou de groupes dont les actions mettent en péril la stabilité du Niger.
Les personnes concernées
Les neuf personnalités dont la nationalité a été retirée sont les suivantes :
- Rhissa Ag Boulla , née le 1er janvier 1957 à Iférouane (Arlit)
- Pagoui Hamidine Abdou , né le 1er janvier 1973 à Ingall (Agadez)
- Amadou Ngade Hamid , né le 30 juin 1981 à Niamey
- Abdoul Kader Mohamed , né le 6 avril 1973 à Agadez
- Abou Mahamadou Tarka , né le 7 avril 1950 à Belbédji/Zongo
- Daouda Djibo Takoubakoye , né le 27 novembre 1975 à Latakabia (Kollo)
- Karingama Wali Ibrahim , né le 29 août 1963 à Zinder
- Harouna Gazobi Souleymane , né le 10 janvier 1974 à Malbaza
- Moussa Moumouni , né le 1er janvier 1985 à Tchibba Tombo
Par Vox Sahel

