Portrait : Ousmane Zoungrana, le buteur éternel du Fasofoot

Portrait : Ousmane Zoungrana, le buteur éternel du Fasofoot

Une légende discrète, mais éternelle, du Fasofoot

Dans l’histoire du football burkinabè, certains noms traversent les générations sans perdre leur éclat. Celui de Ousmane Zoungrana fait partie de ces références intemporelles. Plus de quarante ans après son exploit, son record de 26 buts inscrits en une seule saison de championnat (1983-1984) reste intact. Une performance devenue mythique dans le Fasofoot.

Ancien sociétaire de ASFB, le natif de Bobo-Dioulasso s’est imposé très jeune comme un attaquant redoutable. À seulement 18 ans, il terrorise déjà les défenses adverses grâce à son sens du but, son efficacité et surtout une discipline de travail rarement égalée.

Derrière les statistiques impressionnantes se cache un homme profondément attaché à l’effort individuel. Pour lui, le talent seul ne suffit pas. Chaque matin, il s’entraînait seul, face à un mur ou à un but vide, répétant inlassablement les mêmes gestes jusqu’à atteindre la perfection. Une obsession du détail qui a forgé le goleador qu’il est devenu.

Le déclic de sa carrière porte aussi le nom de Pihouri Webonga, l’entraîneur qui a cru en cette génération de jeunes joueurs malgré les réticences des dirigeants de l’époque. Ce choix audacieux changera l’histoire de l’ASFB et du championnat national.

Mais Ousmane Zoungrana refuse de réduire son succès à une aventure personnelle. Il rend hommage à ses coéquipiers et aux cadres qui ont accompagné son ascension : Abdoulaye Compaoré, Siaka Tamini, Tahirou Bangré, Lamoussi Kaboré ou encore Soulama Fatché. Pour lui, cette époque représentait avant tout une famille soudée autour du football.

Entre 1984 et 1990, il connaît également la sélection nationale avec les Burkina Faso national football team. Une aventure freinée par des blessures répétitives qui l’empêchent d’exprimer pleinement son potentiel sous les couleurs nationales. Malgré cela, il demeure convaincu que sa génération possédait un immense talent, même si elle n’avait ni les moyens, ni les infrastructures, ni le soutien financier dont bénéficient les joueurs actuels.

Vainqueur de la Coupe du Faso en 1989 avec l’ASFB, l’ancien attaquant reste aujourd’hui une voix respectée du football burkinabè. Lucide sur les difficultés du championnat national, il plaide pour un véritable développement des centres de formation, une meilleure structuration des clubs et surtout une valorisation des anciens joueurs afin qu’ils transmettent leur expérience aux jeunes générations.

À 58 ans, celui qui travaille désormais à la Sofitex Kourouma continue de suivre avec passion l’évolution du football national. Son regard critique s’accompagne toujours d’un profond amour pour ce sport auquel il a consacré sa jeunesse.

Dans un Burkina Faso en quête de grandes références sportives, Ousmane Zoungrana demeure plus qu’un ancien joueur : il est la mémoire vivante d’une époque, le symbole du travail acharné et l’homme derrière l’un des records les plus résistants du Fasofoot.

Derrière les 26 buts qui ont défié le temps, il y avait surtout un homme convaincu qu’aucun talent ne peut survivre sans effort.

Vox Sahel

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