Portrait : Wilfried Léon Bakary Sanou, l’éclair fidèle des Étalons
Il y a des joueurs qui marquent les statistiques, et d’autres qui marquent les mémoires. Wilfried Léon Bakary Sanou appartient sans conteste à la seconde catégorie. À 36 ans, son nom résonne encore comme celui d’un ailier au feu sacré, d’un serviteur loyal du Fasofoot, et d’un talent forgé très tôt dans le creuset exigeant de la formation burkinabè.
Pur produit de Planète Champion, Wilfried Sanou incarne cette génération dorée qui a fait entrer le Burkina Faso dans la cour des nations respectées du football africain. Très jeune déjà, son style saute aux yeux : un joueur virevoltant, explosif, imprévisible, doté de ce que les observateurs appellent volontiers « le feu dans les jambes ». À chaque prise de balle, Willy promet le déséquilibre ; à chaque accélération, il sème le doute dans les défenses adverses.
Un talent révélé très tôt, malgré l’adversité
La scène internationale le découvre véritablement lors de la CAN cadets 1999 en Guinée. Wilfried Sanou y laisse entrevoir un potentiel hors norme. Mais le destin, parfois cruel, s’invite brutalement dans sa trajectoire : une grave blessure, double fracture tibia-péroné le prive de la première Coupe du monde des Étalons cadets en Nouvelle-Zélande. Beaucoup auraient vu leurs rêves s’éteindre à cet instant. Pas lui.
Deux ans plus tard, il revient plus fort, plus déterminé. La Coupe du monde cadets 2001 à Trinité-et-Tobago devient alors le théâtre de sa revanche personnelle. Par ses accélérations fulgurantes, ses débordements tranchants et son insouciance créative, Wilfried Sanou est l’un des grands artisans de la historique troisième place du Burkina Faso. Une performance fondatrice pour le football national, et un tournant décisif dans sa carrière.
De l’Europe à l’Asie, un parcours riche et exigeant
Après cet exploit mondial, les portes du football professionnel s’ouvrent naturellement. L’Europe devient son nouveau terrain d’expression. L’Autriche d’abord, avec WSG Wattens, puis surtout FC Tirol Innsbruck, où il décroche le titre de champion d’Autriche en 2002. Un trophée majeur qui confirme son statut de joueur de haut niveau.
La suite de son parcours le mène en Suisse au FC Sion, avant une longue et marquante aventure en Allemagne, sous les couleurs de SC Fribourg puis du FC Cologne. Dans un football allemand réputé pour son intensité et sa rigueur tactique, Wilfried Sanou impose son style, alliant vitesse, discipline et intelligence de jeu. Il y gagne en maturité, en constance, et en respect.
Comme un symbole de sa curiosité et de son ouverture, il connaît également une parenthèse japonaise avec les Urawa Red Diamonds, puis termine son périple asiatique au Kyoto Sanga FC, prolongeant ainsi une carrière internationale riche de cultures footballistiques diverses.
Un Étalon dans l’âme
Mais au-delà des clubs et des frontières, Wilfried Sanou restera avant tout un Étalon fidèle. De 1999 à 2013, soit plus de 14 années au service des sélections nationales, il porte le maillot du Burkina Faso avec fierté et engagement. Des catégories de jeunes jusqu’à l’équipe A, il incarne la continuité, la loyauté et le sens du devoir.
Son nom est indissociable de la CAN 2013, compétition mythique où les Étalons, contre toute attente, atteignent la finale et terminent vice-champions d’Afrique. Dans ce groupe héroïque, Sanou apporte son expérience, son sang-froid et son vécu international, contribuant à l’une des plus belles pages de l’histoire du football burkinabè.
L’héritage d’un joueur respecté
Wilfried Léon Bakary Sanou n’a peut-être pas été le plus médiatisé de sa génération, mais il en fut l’un des plus constants et des plus respectés. Son parcours est celui d’un combattant élégant, d’un joueur qui a su transformer les blessures en force, les obstacles en leçons, et le talent en longévité.
Par Vox Sahel

