EDITO-CAN 2025 : Quand le football africain célèbre son unité face à l’adversité
La Coupe d’Afrique des Nations 2025, qui se tient au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, s’ouvre sous les meilleurs auspices. La cérémonie d’ouverture, haute en couleur, riche en symboles et en émotions, a donné le ton d’un tournoi qui s’annonce aussi passionnant qu’indécis. Rarement, depuis la création de la CAN en 1957, la compétition n’a paru aussi ouverte.
Dans une Afrique du football en pleine mutation, au moins cinq à six nations peuvent légitimement rêver du sacre final. Le Maroc, pays hôte, avance avec l’ambition et la maturité d’un demi-finaliste de Coupe du monde. A ses côtés, le Sénégal, l’Egypte, la Côte d’Ivoire et l’Algérie, toutes déjà qualifiées pour le Mondial 2026, incarnent une élite continentale prête à en découdre. Mais la CAN, c’est avant tout l’imprévisibilité. C’est même sa marque de fabrique. Aucun autre tournoi continental ne défie autant les pronostics.
Les huit dernières éditions ont vu sept champions différents, preuve que chaque nation, grande ou modeste, peut écrire l’histoire. Cette magie, cette incertitude permanente, font de la CAN bien plus qu’une simple compétition sportive. Car la CAN, c’est aussi un idéal. Un moment rare où l’Afrique se rassemble autour d’une même passion, transcendant les frontières, les langues et les différences.
Dans un contexte continental souvent marqué par l’adversité, le football devient un puissant facteur d’unité et d’espérance. C’est de cette union que l’Afrique a besoin pour affronter ses défis. Et c’est autour de cet idéal qu’il faut continuer à fédérer les peuples africains. A ce titre, nous souhaitons bonne chance à toutes les équipes engagées, avec une pensée particulière pour les Etalons du Burkina Faso, porteurs des espoirs de tout un peuple.
Cependant, cette CAN n’est pas exempte de zones d’ombre. Le projet de ramener la compétition à un cycle de quatre ans, assorti d’une ligue africaine, suscite des interrogations légitimes. Si l’objectif est de renforcer la compétitivité et la visibilité du football africain, il faudra veiller à ce que ces réformes ne fassent pas plus de mal que de bien à une compétition déjà solidement ancrée dans le cœur des Africains.
Autre bémol notable, c’est la diffusion télévisée. Le fait que de nombreuses télévisions nationales ne retransmettent que 32 matchs sur les 52 prévus risque d’amoindrir la saveur et l’accessibilité de ce grand rendez-vous continental. Une telle situation ne nous honore pas et prive des millions d’Africains d’un spectacle qui leur appartient.
A l’avenir, il faudra impérativement corriger ces insuffisances pour préserver l’essence populaire de la CAN. En attendant, place au football, à la fête et à la communion africaine. Que le meilleur gagne, et que cette CAN 2025 renforce, une fois encore, l’unité et la fierté du continent. Bonne chance à tous.
La Rédaction

