Bamako : Le Burkina Faso appelle à une stratégie unifiée du C4+ pour défendre le coton africain à l’OMC
Le Burkina Faso a exhorté, jeudi à Bamako, les pays du C4+1 (Bénin, Burkina Faso, Mali, Tchad et Côte d’Ivoire) à adopter une stratégie commune afin de mieux défendre leurs intérêts lors des prochaines négociations relatives au coton à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). L’appel a été lancé par le ministre burkinabè en charge de l’Industrie, Serge Gnaniodem Poda, à l’occasion de la 9ᵉ réunion du Comité interministériel de coordination du C4+1.
La rencontre, ouverte en présence de l’ensemble des délégations des pays membres, intervient dans un contexte où les résultats de l’initiative sectorielle en faveur du coton demeurent jugés « mitigés », malgré des années de plaidoyer contre les subventions massives et les pratiques commerciales considérées comme déloyales sur le marché international.
Le ministre malien de l’Industrie, Moussa Alassane Diallo, a rappelé l’importance du coton, qualifié de « pilier de croissance et d’inclusion économique », particulièrement pour les jeunes et les femmes dans les pays producteurs.
De son côté, le représentant du Premier ministre malien, le général de division Daoud Aly Mohammedine, a déploré le non-respect des engagements pris lors de la Conférence de Hong Kong, notamment la promesse d’un traitement « rapide, spécifique et ambitieux » du dossier coton. Il a dénoncé « la captation des matières premières du Sud par certaines puissances » et encouragé les pays du C4+1 à accélérer leur industrialisation pour capturer davantage de valeur ajoutée.
Réaffirmant la position de Ouagadougou, Serge Gnaniodem Poda a insisté sur la nécessité pour les pays africains de parler d’une seule voix. « La filière coton, bien que stratégique sur les plans économique et social, reste fragilisée par des pratiques internationales injustes menées par certains grands producteurs », a-t-il déclaré. Il a également souligné la vision portée par les autorités burkinabè : faire évoluer les économies africaines du statut d’exportatrices de fibre brute à celui de productrices de biens transformés, capables d’influencer les prix mondiaux.
Les participants ont qualifié la réunion de Bamako d’étape cruciale avant la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’OMC prévue en mars 2026 à Yaoundé, présentée comme une « dernière opportunité » pour obtenir des avancées substantielles en faveur du coton africain.
En marge des travaux, le ministre burkinabè a annoncé sa participation au Salon international de l’artisanat du Mali (SIAMA), réaffirmant ainsi l’engagement du Burkina Faso en faveur de la transformation locale, de la valorisation du coton et de la promotion des métiers de l’artisanat.

