Athlétisme burkinabè : « trop d’injustices, trop de sacrifices, il est temps de libérer notre sport ! », Somda Esaii

Athlétisme burkinabè : « trop d’injustices, trop de sacrifices, il est temps de libérer notre sport ! », Somda Esaii

Dans une tribune poignante, l’athlète Somda Esaii dénonce la gestion opaque et destructrice de la Fédération burkinabè d’athlétisme. Après l’énième sabotage vécu par Marthe Koala aux Mondiaux de Tokyo, il appelle à la dissolution de la fédération, à un audit indépendant et à une véritable refondation pour redonner espoir aux sportifs burkinabè.

Je me nomme Somda Esaii, passionné d’athlétisme et témoin direct de l’injustice qui ronge notre sport depuis des décennies. Aujourd’hui, je prends la plume avec une profonde douleur pour exprimer un ras-le-bol collectif, celui de tant d’athlètes burkinabè, brimés, abandonnés et sacrifiés au nom d’une gestion opaque et injuste.

Ce que vient de vivre Marthe Koala aux Championnats du Monde d’Athlétisme à Tokyo est tout simplement inacceptable. Alors qu’elle représentait une réelle chance de médaille pour notre pays, elle a été boycottée par sa propre fédération. Son coach, indispensable à sa performance, a été volontairement écarté. Résultat : essais nuls, contre-performance et une immense déception, non pas par manque de talent ou d’engagement, mais à cause d’une absence inhumaine de soutien.

Ce n’est pas un cas isolé. La même situation s’est produite l’an passé aux Jeux Olympiques de Paris 2024. Cela fait deux compétitions internationales majeures où Marthe Koala, une des fiertés de notre pays, a été privée de l’accompagnement nécessaire pour briller. Cette répétition n’est pas une erreur : c’est une stratégie de sabotage.

Nous, sportifs burkinabè, n’en pouvons plus. Nous avons tout donné pour nos couleurs. Nous nous entraînons jour et nuit, souvent sans moyens, dans l’espoir de porter haut le drapeau national. Mais à chaque fois, nous sommes trahis par ceux qui devraient nous soutenir.

Depuis plus de 30 ans, la Fédération Burkinabè d’Athlétisme est aux mains des mêmes dirigeants, qui cumulent les postes, les privilèges et les abus. Le cas de Monsieur Missiri Sawadogo, qui occupe à la fois les postes de Vice-Président Fédéral, Directeur Technique National, Président de la Ligue des Hauts-Bassins, et parfois trésorier, est symptomatique d’un système verrouillé, inefficace, et dangereux pour l’avenir de notre sport.

Nous avons vu passer des générations de talents sacrifiés. Des athlètes écartés, sabotés, détruits, simplement parce qu’ils n’entraient pas dans les jeux d’intérêt de ces dirigeants. Le ministère donne des fonds pour soutenir le sport, mais ces fonds sont trop souvent détournés, sans que les premiers concernés – les athlètes – ne bénéficient du moindre appui. 😣

Moi-même, je suis une victime. Depuis 2015, je subis cette injustice silencieuse. Une petite anecdote: En 2014, lors des Championnats d’Afrique Zone Ouest, nous avons reçu une prime de 15.000 FCFA. Pourtant, dans les journaux, il était écrit que nous avions reçu 150.000 FCFA chacun. Cette tromperie honteuse continue encore aujourd’hui. Ce genre de pratiques ne serait jamais infligé aux enfants de ces responsables. Pourquoi donc l’imposer à ceux qui se battent pour leur pays ? 💔🤦‍♂️

Nous demandons solennellement :

Que la Fédération Burkinabè d’Athlétisme soit dissoute dans sa forme actuelle ;

Qu’un audit indépendant soit mené sur la gestion financière et administrative de ces 30 dernières années ;

Que des nouvelles têtes, compétentes et intègres, soient nommées pour offrir un avenir digne à notre sport ;

Que le Ministère des Sports se penche sérieusement sur le sort des athlètes, pas seulement au moment des compétitions, mais tout au long de l’année.

Comme le disait Feu le Président Thomas Sankara :

> « L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Seule la lutte libère. » ✊️

Aujourd’hui, nous refusons de nous taire. Nous refusons de laisser nos rêves être détruits par des intérêts égoïstes. Nous refusons que la médiocrité continue d’étouffer le talent burkinabè.

Il est temps que cela change.

Il est temps d’agir.

Il est temps d’écouter les athlètes.

Somda Esaii

Athlète burkinabè engagé 

Vox Sahel

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *