ÉDITO | Football africain: La CAN ne doit pas devenir un luxe

ÉDITO | Football africain: La CAN ne doit pas devenir un luxe

La Coupe d’Afrique des nations n’est pas une simple compétition sportive. C’est bien plus qu’un tournoi,  c’est la fête du football africain, un moment rare où les peuples vibrent ensemble, où les nations se rapprochent, où les différences sociales s’effacent derrière une même passion.

La CAN appartient au continent tout entier. Elle est un bien commun, financée par les Africains, portée par leurs rêves et célébrée dans leurs foyers, leurs quartiers, leurs villages. C’est pourquoi ce qui se joue aujourd’hui autour des droits de diffusion est profondément inquiétant.

A quelques semaines du coup d’envoi, voilà que des millions d’Africains se retrouvent contraints de souscrire à des chaînes privées ou étrangères pour suivre une compétition qu’ils ont déjà financée, directement ou indirectement. Une absurdité. Une injustice. Une atteinte flagrante au principe d’égalité d’accès.

Ce modèle, imposé par la CAF, crée une fracture insupportable entre ceux qui peuvent payer et ceux qui ne le peuvent pas. Il marginalise encore davantage les couches populaires défavorisées, celles-là mêmes qui font vivre le football au quotidien. Il réduit le rôle des médias de service public à une peau de chagrin, alors qu’ils constituent l’un des derniers espaces réellement accessibles à tous.

La CAN ne doit pas perdre son âme. Elle ne peut devenir un produit réservé à ceux qui ont les moyens de se l’offrir. Le football africain ne doit pas être capturé par une logique exclusivement mercantile qui ignore les réalités sociales du continent. Car à trop se focaliser sur le business, on finit par détruire ce qui fait la force, la magie et la popularité de cet événement. Il est encore temps d’agir.

La CAF doit corriger cet impair, et rapidement. Non seulement pour réparer une injustice, mais aussi pour préserver la notoriété et l’aura de la compétition. A quelques semaines du coup d’envoi, il serait dramatique que cette grande fête soit entachée par une polémique qui aurait pu être évitée.

L’accès universel à la CAN n’est pas un luxe,  c’est un droit symbolique, culturel, presque identitaire. Restreindre cet accès, c’est priver l’Afrique de son propre spectacle. C’est briser le lien qui unit les supporters à leurs équipes, et les peuples entre eux. La CAN est notre fête. Elle doit le rester. A la CAF de se souvenir que le football n’existe que parce que les peuples le portent, le soutiennent, le vivent. Et que sans eux, aucun modèle économique ne tient.

La Rédaction

Vox Sahel

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