Août 1960 – 5 août 2025 : 65 ans d’indépendance, entre espoirs, tumultes et quête de souveraineté réelle

Août 1960 – 5 août 2025 : 65 ans d’indépendance, entre espoirs, tumultes et quête de souveraineté réelle

Le 5 août 1960, le drapeau de la Haute-Volta, devenu Burkina Faso, flottait pour la première fois dans le concert des nations libres. Ce jour-là, nos aînés ont accueilli l’indépendance avec ferveur, convaincus d’ouvrir un nouveau chapitre de dignité et d’émancipation.

Soixante-cinq ans plus tard, que reste-t-il de cet idéal ? Que retenir du chemin parcouru ? Et surtout, quel sens donner aujourd’hui à notre souveraineté ? Le parcours du Burkina Faso est à l’image de son peuple : résilient, courageux, mais souvent confronté aux tempêtes de l’histoire.

Elections, coups d’Etat, transitions, insurrections populaires… notre pays n’a jamais suivi une ligne droite, mais il ne s’est jamais arrêté de marcher non plus. Les espoirs ont souvent été déçus, mais ils ont toujours su renaître. Les désillusions n’ont jamais totalement étouffé la foi d’un peuple qui aspire à mieux.

Aujourd’hui, en regardant dans le rétroviseur, des interrogations légitimes surgissent. L’indépendance conquise en 1960 a-t-elle été pleine et entière ou simplement une formalité politique ? Nos choix de développement, nos systèmes éducatif, économique et militaire ont-ils réellement été pensés pour nous-mêmes, ou ont-ils longtemps obéi à d’autres logiques que les nôtres ?

Ces questions, longtemps évitées, s’imposent désormais avec force. Dans ce contexte, l’arrivée des nouvelles autorités nourrit de nouveaux espoirs. En rompant avec certains schémas hérités, elles disent vouloir donner un contenu concret à notre indépendance.

Une indépendance assumée, enracinée dans nos valeurs, nos intérêts et notre vision du monde. Une souveraineté qui ne se limite plus à un drapeau ou un hymne national, mais qui se traduit par la maîtrise de nos ressources, la sécurité de notre territoire, la dignité de nos institutions et la liberté de nos décisions.

Le Burkina Faso nouveau ne se construira ni dans le ressentiment ni dans l’illusion. Il se bâtira dans la lucidité, la responsabilité collective et le courage de tracer une voie souveraine, à notre mesure, à notre rythme.

Le 5 août doit ainsi être plus qu’un anniversaire ; il doit être une invitation à l’engagement, à l’unité et à la vigilance. Car l’indépendance n’est jamais acquise une fois pour toutes,  elle se défend, se renforce et se vit chaque jour.

La Rédaction

Vox Sahel

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