Coton burkinabè : Et si les producteurs de coton étaient enfin payés dès la livraison ?
Dans les zones cotonnières du Burkina Faso, une idée fait son chemin : permettre à la SOFITEX de payer le coton directement chez les producteurs, dès la livraison. Cette proposition, loin de remettre en cause un modèle historique, vise à raccourcir les délais de paiement, soutenir les familles rurales et dynamiser l’économie locale. Un défi logistique, mais peut-être une opportunité stratégique pour toute la filière.
Dans les zones cotonnières , le balai des camions de la SOFITEX est devenu une scène familière. Chaque année, après des mois de labeur, les producteurs livrent leurs balles blanches à l’usine, confiants dans une relation bâtie depuis des décennies. Grâce à cette coopération, le coton burkinabè a su préserver sa place sur le marché mondial, gage du travail combiné des paysans et de la société.
Au fil des campagnes, la SOFITEX n’a cessé d’innover : accompagnement technique, fourniture d’intrants à crédit, fixation de prix rémunérateurs, amélioration de la logistique. Ces efforts constants témoignent d’une volonté de soutenir la filière et de préserver un maillon essentiel de l’économie nationale.
Mais dans les villages, une idée revient avec insistance : et si la SOFITEX pouvait acheter le coton directement sur place ? L’objectif n’est pas de remettre en cause le système actuel, mais d’imaginer une alternative qui réduirait l’attente entre la livraison et le paiement. Pour les producteurs, cette innovation serait un souffle d’air frais : elle faciliterait l’acquisition du matériel agricole pour la campagne suivante, allégerait la pression financière des familles et stimulerait l’activité économique locale.
Car dans les foyers cotonniers, l’argent issu du coton n’est pas qu’un revenu agricole : c’est aussi la clé de projets de vie. Les producteurs attendent ces paiements pour célébrer mariages, fiançailles, baptêmes, pour entreprendre des voyages ou encore honorer des engagements familiaux. Et dans cette attente parfois longue, certains sont contraints de revendre leurs produits céréaliers :maïs, mil ou sorgho,afin de subvenir à leurs besoins vitaux en attendant l’arrivée des fonds de la SOFITEX.
Bien sûr, la mise en œuvre d’un tel modèle ne serait pas simple. Elle impliquerait de nouvelles organisations logistiques, un renforcement des capacités de stockage et une mobilisation importante de trésorerie. Mais la SOFITEX a montré par le passé qu’elle sait s’adapter et innover pour répondre aux réalités du terrain.
À l’heure où le coton reste l’un des piliers de l’économie burkinabè, toute initiative visant à renforcer la confiance et à améliorer la fluidité dans la chaîne mérite réflexion. La SOFITEX, forte de son expérience et de sa proximité avec les producteurs, pourrait bien être l’artisan de cette nouvelle étape.
Le titre et le chapeau sont de la rédaction
Source : BurkinaWeb.net

