Mali : Vers une gouvernance plus encadrée
Les recommandations clés des consultations nationales
À l’issue des récentes consultations nationales tenues sur l’avenir politique du Mali, des propositions ambitieuses et controversées ont été formulées pour refonder en profondeur le paysage politique national. Au cœur de ces recommandations : la dissolution pure et simple de tous les partis politiques existants, la restructuration rigoureuse du système partisan, et la désignation du général Assimi Goïta comme président pour un mandat de cinq ans renouvelable.
Une refonte totale du système partisan
Parmi les mesures phares proposées figure la dissolution immédiate de tous les partis politiques. Pour permettre l’émergence de nouvelles formations, des conditions strictes seraient imposées : un dépôt de caution de 100 millions de francs CFA pour créer un parti, l’obligation pour celui-ci d’avoir une représentativité effective dans toutes les régions du pays, et des critères d’âge pour les dirigeants, désormais fixés entre 25 et 75 ans.
Goïta, candidat naturel à la présidence
Les consultations, largement encadrées par les autorités de transition, ont désigné le général Assimi Goïta comme président de la République pour un mandat initial de cinq ans, renouvelable. Cette recommandation semble entériner le rôle central que joue le chef de la junte dans la conduite du pays depuis 2021.
D’autres recommandations notables concernent la réforme de la charte des partis politiques, avec notamment la suppression du statut de chef de file de l’opposition. Les financements publics jusque-là alloués aux partis seraient réorientés vers des projets de développement socio-économique.
Par ailleurs, les pratiques de « nomadisme politique » – changement de parti en cours de mandat – seraient interdites, avec des sanctions prévues pour les partis accueillant des élus transfuges.
Représentativité et discipline
Les consultations insistent également sur la promotion de la parité hommes-femmes dans les instances dirigeantes des partis, ainsi que sur une meilleure représentation des jeunes. Les partis troublant l’ordre public pourraient être suspendus, selon ces recommandations.
Enfin, une réforme du système électoral est envisagée, avec l’instauration d’un scrutin à un seul tour, couplé à un parrainage politique encadré.
Ces recommandations marquent une volonté de rupture avec un système accusé de fragmentation excessive et d’inefficacité. Toutefois, elles suscitent déjà des réactions contrastées au sein de l’opinion publique et de la société civile, certains y voyant une dérive autoritaire, tandis que d’autres saluent un effort de stabilisation politique.
Il reviendra désormais aux autorités de transition et au futur pouvoir exécutif de traduire ces propositions en actes législatifs et constitutionnels. Le Mali s’engage ainsi dans une nouvelle phase de son histoire politique, entre aspirations à la stabilité et inquiétudes démocratiques.
Par Vox Sahel

