Implantation anarchique des stations-services à Ouagadougou : L’État burkinabè sonne l’alerte

Implantation anarchique des stations-services à Ouagadougou : L’État burkinabè sonne l’alerte

La prolifération incontrôlée des stations-services  dans la capitale burkinabè devient une source d’inquiétude majeure pour les autorités locales et nationales. En réponse à ce phénomène qualifié d’« extension sauvage », le gouvernement entend désormais mettre en place une réglementation stricte afin de freiner cette croissance désordonnée.

Depuis plusieurs années, Ouagadougou est confrontée à une urbanisation rapide et souvent mal encadrée. À cette problématique bien connue, s’ajoute aujourd’hui un nouveau défi : l’implantation anarchique des stations-services. De véritables forêts de pompes à essence poussent désormais à tous les coins de rue, donnant au paysage urbain une allure de désordre pétrolier.

Entre 2023 et 2024, la ville est passée de 788 à 820 stations-services, soit une hausse de plus de 4 % en une seule année. À chaque 50 ou 100 mètres, les automobilistes peuvent faire le plein, mais à quel prix pour l’urbanisme et la sécurité ?

Les chiffres révélés lors d’un atelier organisé le 9 octobre 2024 par la Commune de Ouagadougou et le Bureau des mines et de la géologie du Burkina Faso (BUMIGEB) sont sans équivoque : seulement 30 % des stations-services seraient conformes à la réglementation en vigueur. Pire encore, plus de la moitié, soit 55 %, fonctionnent sans aucune procédure administrative ou dans une totale irrégularité. Quant à 12 % des infrastructures, elles sont bloquées par des démarches administratives inachevées.

Déjà en août 2023, le ministre de l’Énergie, des Mines et des Carrières alertait le Conseil des ministres sur la prolifération inquiétante d’infrastructures irrégulières. Une opération de contrôle menée du 13 mars au 19 avril 2023 avait alors permis d’identifier 553 stations en fonctionnement sans autorisation préalable, sur les 788 recensées à l’époque.

Des risques multiples pour la population

Au-delà du non-respect des normes, les autorités pointent également les dangers liés à la proximité des stations avec les zones d’habitation. L’implantation de ces infrastructures sur des parcelles initialement destinées à un usage résidentiel modifie profondément le tissu urbain et pose de graves problèmes de sécurité.

Face à ces dérives, la Commune de Ouagadougou, en collaboration avec les structures compétentes, envisage une réforme drastique du secteur. L’objectif est clair : encadrer l’implantation des stations pour une meilleure harmonie avec l’espace urbain, et surtout, garantir la sécurité des citoyens.

Vers une réglementation plus rigoureuse

Le gouvernement burkinabè semble décidé à reprendre le contrôle de la situation. Il est désormais question de renforcer les contrôles, de réévaluer les autorisations déjà délivrées, et de mettre un terme aux constructions illégales en cours.

Si la densité des stations-services peut sembler avantageuse pour les usagers, elle constitue en réalité une bombe à retardement pour la ville. L’heure est donc à la réflexion, mais surtout à l’action. L’urbanisation de Ouagadougou ne saurait être sacrifiée sur l’autel du pétrole.

Par Vox Sahel

Vox Sahel

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