Lutte contre la fraude au Burkina Faso : Des stations-services fermées

Lutte contre la fraude au Burkina Faso : Des stations-services fermées

Derrière des sacs de sucre, des bidons d’huile ou des stations-service apparemment ordinaires, se cachait une réalité bien plus inquiétante. En ce début d’année 2026, la Coordination Nationale de Lutte contre la Fraude (CNLF) a levé le voile sur l’ampleur de réseaux clandestins dont les activités mettaient directement en péril la santé des populations burkinabè et l’équilibre de l’économie nationale.

Ce mardi 27 janvier, face à la presse, le Coordonnateur national de la CNLF, Dr Mohamadi COMPAORÉ, a dressé un tableau sans concession des opérations spéciales menées par ses équipes. Des actions qualifiées de victoires opérationnelles majeures, fruits de mois de filatures, de recoupements d’informations et d’interventions discrètes.

À Bittou, dans la région du Nakambé, les agents de la CNLF ont fait une découverte glaçante : 69 sacs de cyanure, un produit extrêmement toxique, transportés dans un même véhicule que des denrées alimentaires. Un mélange explosif qui aurait pu provoquer des conséquences sanitaires irréversibles si la marchandise avait atteint les marchés.

À cela s’ajoutent des centaines de cartons de boissons énergisantes alcoolisées interdites, des cigarettes non homologuées et de faux vins présentés comme des produits français. Autant de marchandises qui, une fois consommées, exposent les populations à des risques graves, souvent ignorés des consommateurs.

Plus sournoise encore, la fraude sur les produits pétroliers révélée par la CNLF. Derrière certaines stations-service, un système bien rodé consistait à mélanger du DDO au gasoil, avant de le revendre comme carburant ordinaire. Résultat : des moteurs endommagés, des pannes coûteuses pour les automobilistes et une perte de confiance dans le marché.

La saisie de plus de 4 900 litres de carburant frelaté et la fermeture de stations impliquées illustrent la gravité d’un phénomène dont les conséquences dépassent largement le simple cadre économique.

Au-delà des risques sanitaires et mécaniques, la fraude frappe au cœur des finances publiques. Chaque cargaison introduite hors des circuits légaux représente un manque à gagner pour le Trésor public et une concurrence déloyale pour les opérateurs respectueux des règles.

« Ces pratiques fragilisent l’économie nationale », a martelé le Coordonnateur national, rappelant que la loi prévoit des sanctions sévères allant jusqu’à la fermeture définitive des établissements et des peines d’emprisonnement.

Si ces réseaux ont pu être démantelés, c’est aussi grâce aux alertes et dénonciations des citoyens, devenus des acteurs clés de la lutte contre la fraude. Pour la CNLF, cette collaboration reste un levier essentiel dans un combat appelé à s’intensifier.

Déterminée à traquer sans relâche les réseaux criminels, la CNLF affirme vouloir faire de la protection du consommateur et de l’économie nationale une priorité permanente. Car derrière chaque produit frauduleux intercepté, ce sont des vies, des emplois et des ressources publiques qui sont préservés.

Par Vox Sahel

 

Vox Sahel

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