29 e édition du FESPACO: Un appel à l’émergence d’un cinéma africain puissant et visible sur la scène internationale
À l’occasion de la 29e édition du FESPACO, l’appel lancé par le président burkinabè, Ibrahim Traoré, et le maréchal Mahamat Déby Itno, résonne comme un impératif pour l’Afrique : réorienter notre cinéma vers une affirmation plus forte de nos valeurs, de notre identité et de nos aspirations. Cependant, pour que ce rêve se concrétise, il est essentiel que le FESPACO, pilier incontesté du cinéma africain, se positionne avec plus de force sur la scène mondiale.
Le FESPACO doit être bien plus qu’un simple festival où des films africains sont projetés. Il doit devenir un lieu stratégique où les cinéastes africains peuvent réellement faire entendre leurs voix à l’échelle mondiale. C’est en offrant une véritable visibilité à ces créateurs que le festival pourra participer à la construction d’une industrie cinématographique africaine solide et respectée.
Il est nécessaire que le FESPACO dépasse ses frontières traditionnelles et rivalise avec d’autres grands festivals comme Cannes, Berlin ou Venise. Les cinéastes africains ont besoin d’un espace où leurs œuvres, qui racontent nos luttes et nos réalités, soient reconnues et diffusées à un public international. Le FESPACO doit donc être en mesure de soutenir, de promouvoir et de financer la production de films qui peuvent résonner à l’échelle globale. Cela implique un soutien accru en termes d’infrastructures, de formation, et de ressources financières adaptées.
Un tel engagement n’est pas optionnel, il est une condition sine qua non pour que nos talents puissent rivaliser avec les géants du cinéma mondial, comme Nollywood et Bollywood.Le festival doit également renforcer son rôle de vitrine de la diversité et de la richesse de notre culture, en intégrant davantage de partenaires internationaux, en créant des collaborations et en attirant une audience diversifiée. Il faut rendre le FESPACO plus accessible aux professionnels du cinéma du monde entier, tout en préservant sa dimension de festival ancré dans les réalités africaines.
Mais pour cela, il est impératif que le festival soit soutenu par des moyens financiers conséquents, permettant une organisation de qualité qui soit à la hauteur des ambitions du cinéma africain. Le FESPACO doit investir dans ses infrastructures, dans la création de bourses de financement, et dans des résidences de création pour les cinéastes. Il doit devenir un véritable laboratoire d’idées et de projets, un espace où se construisent les bases de notre cinéma de demain.
Ainsi, en faisant du FESPACO un festival compétitif et capable de répondre aux attentes des cinéastes, nous pourrons non seulement affirmer notre place dans le paysage cinématographique mondial, mais aussi contribuer à transformer la perception de l’Afrique à travers le cinéma.
Ce n’est qu’en inscrivant notre cinéma dans une dynamique internationale que nous pourrons véritablement relever le défi de redéfinir notre image et affirmer notre histoire. Le FESPACO a un rôle capital à jouer dans cette transformation : il est le catalyseur d’un cinéma africain fort, fier de ses valeurs et résolument tourné vers l’avenir.
Par Amir BAKO

