Burkina Faso : la peine de mort rétablie pour le terrorisme, la trahison et plusieurs crimes graves
Le Burkina Faso réintroduit la peine de mort dans son arsenal pénal. L’Assemblée législative du peuple (ALP) a adopté à l’unanimité, mardi, le nouveau Code pénal qui prévoit la sanction capitale pour les actes de terrorisme, l’espionnage, la trahison, le parricide ainsi que l’importation de produits périmés ou prohibés ayant entraîné la mort.
Le nouveau Code pénal marque un tournant dans la politique criminelle du Burkina Faso. Adopté par les 71 parlementaires de l’Assemblée législative du peuple, le texte procède à la relecture de la loi n°025-2018/AN du 25 mai 2018 portant Code pénal. Il comprend 933 articles et réintroduit la peine capitale pour certaines infractions jugées particulièrement graves.
Face à la presse, le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a justifié cette décision par les impératifs de la lutte contre le terrorisme. Selon le garde des Sceaux, les autorités ont estimé nécessaire de renforcer le dispositif répressif, notamment en raison des arguments utilisés par les groupes terroristes pour recruter de nouveaux membres.
« Nous avons constaté sur le terrain que ces terroristes recrutent en promettant aux candidats que, même s’ils venaient à être arrêtés en tant qu’auteurs ou complices d’actes de terrorisme, ils ne risquaient pas grand-chose de plus que la prison à vie », a-t-il expliqué.
Pour le ministre, la révision du cadre juridique vise ainsi à durcir les sanctions applicables aux personnes impliquées dans des actes terroristes. « Nous avons donc revu le dispositif légal pour que tous les actes en lien avec le terrorisme, en tant qu’auteur ou complice, soient punis de la peine de mort », a-t-il poursuivi.
L’espionnage et la trahison également concernés
Au-delà du terrorisme, le nouveau Code pénal étend la peine capitale à l’espionnage et à la trahison. Ces infractions sont également considérées par les autorités comme des menaces majeures pour la sécurité nationale, dans un contexte marqué par la lutte contre les groupes armés.
Le texte prévoit aussi cette sanction pour le parricide, qui désigne le meurtre de son père ou de sa mère.
Autre disposition majeure : la répression de la fraude liée à l’importation de produits périmés ou prohibés lorsque celle-ci entraîne la mort. Le ministre de la Justice a insisté sur la gravité de ces pratiques et leurs conséquences potentiellement mortelles pour les populations.
« Cette fois-ci, dans le Code pénal, l’importation de produits périmés ou prohibés, s’ils entraînent la mort, la peine de mort sera appliquée à l’auteur ou au complice de ces actes », a déclaré Edasso Rodrigue Bayala.
Cette mesure entend sanctionner plus sévèrement les responsables de pratiques commerciales illicites ayant des conséquences fatales. Elle s’inscrit dans un contexte où la question de la circulation de produits dangereux ou impropres à la consommation suscite des préoccupations.
Une rupture avec le Code pénal de 2018
L’adoption de ce nouveau texte constitue un changement majeur par rapport au Code pénal de 2018, qui avait consacré l’abolition de la peine de mort au Burkina Faso. La dernière exécution recensée dans le pays remonte à 1988.
Le projet de loi avait été adopté en Conseil des ministres le 4 décembre 2025, avant son examen et son adoption par l’Assemblée législative du peuple.
En défendant cette réforme, le ministre de la Justice a mis en avant la nécessité, selon le gouvernement, d’adapter les sanctions à la gravité des infractions concernées. Le rétablissement de la peine capitale devrait toutefois alimenter les débats sur la politique pénale, la lutte contre le terrorisme et la place de cette sanction dans le système judiciaire burkinabè.
À l’issue de l’adoption du texte, Edasso Rodrigue Bayala a appelé les populations à s’approprier les nouvelles dispositions. Son département prévoit des actions de vulgarisation, notamment à travers la traduction du Code pénal dans les langues nationales, afin de faciliter son accessibilité et sa compréhension par les citoyens.
Avec ses 933 articles, le nouveau Code pénal constitue désormais un texte central de l’arsenal juridique burkinabè. Sa mise en œuvre et la diffusion de ses dispositions seront déterminantes pour permettre aux justiciables de connaître les nouvelles règles et les sanctions prévues par la loi.

