De Facebook à la barre : Me Ini Esther Doli poursuivie pour diffamation

De Facebook à la barre : Me Ini Esther Doli poursuivie pour diffamation

Me Ini Esther Doli, avocate au barreau du Burkina Faso, a comparu, mercredi 30 septembre 2026, devant la chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance de Ouaga I. Elle est poursuivie pour des faits présumés de diffamation au préjudice de la police municipale de Ouagadougou.

L’affaire trouve son origine dans une publication faite en septembre 2026 sur la page Facebook de l’avocate. Dans ce post, Me Ini Esther Doli aurait mis en cause l’intervention de certains agents lors de l’expulsion de clients du complexe « Allah Ti Kouma ».

Elle aurait notamment écrit que « si on fouille bien parmi ceux qui ont procédé à l’expulsion des clients de Allah Ti Kouma, il y a d’anciens clients ou des clients ». Dans la même publication, l’avocate aurait également dénoncé ce qu’elle considère comme un traitement différencié dans la lutte contre la prostitution.

« On s’en prend aux pauvres dames alors qu’il y a la prostitution de luxe », aurait-elle écrit, estimant que les opérations de lutte contre ce phénomène devraient également viser « ce type de prostitution et ceux qui l’entretiennent », plutôt que de « s’acharner contre les pauvres dames ».

Estimant que ces propos portaient atteinte à son honneur et à sa considération, la police municipale de Ouagadougou a saisi la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC) d’une plainte contre l’avocate.

Des excuses et la suppression de la publication

Entendue dans le cadre de l’enquête, Me Ini Esther Doli aurait présenté ses excuses, indiquant qu’elle regrettait que certaines personnes aient pu se sentir visées par ses propos. Elle aurait par ailleurs supprimé la publication litigieuse de sa page Facebook.

Les enquêteurs lui auraient alors indiqué qu’elle pourrait être convoquée de nouveau si les nécessités de l’enquête l’exigeaient.

Alors qu’elle devait se rendre en Côte d’Ivoire pour des soins médicaux, l’avocate aurait néanmoins été interpellée sur le trajet avant d’être conduite à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO).

Les avocats plaident la liberté provisoire

À l’audience du 30 septembre, plusieurs avocats se sont mobilisés pour défendre leur consœur. Ils ont notamment plaidé en faveur de sa mise en liberté provisoire.

À l’issue des débats, le tribunal a accédé à cette demande. Me Ini Esther Doli a ainsi été remise en liberté provisoire, tandis que l’affaire a été renvoyée au 14 octobre 2026 pour son jugement.

Le dossier « Allah Ti Kouma » en toile de fond

Cette procédure intervient dans un contexte marqué par le contentieux autour du complexe « Allah Ti Kouma ». Une décision de justice rendue en 2025 avait ordonné la fermeture du site pour diverses infractions.

Malgré cette décision, le complexe aurait continué à fonctionner, selon les éléments évoqués dans le cadre de cette affaire.

Le procès du 14 octobre devra permettre au tribunal de se prononcer sur les faits de diffamation reprochés à Me Ini Esther Doli et sur les responsabilités éventuelles qui en découlent.

Vox Sahel

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