Offensive agropastorale et halieutique : Le Burkina Faso va injecter 15 milliards de francs CFA pour renforcer la production d’engrais
L’Assemblée Législative de Transition burkinabè (ALT) a approuvé, ce lundi 30 septembre 2024, la ratification de l’accord de financement pour le Projet d’Urgence de Production d’Engrais au Burkina Faso (PUPE-BF). Ce projet, capital pour l’avenir agricole du pays, est soutenu par un prêt de 14 milliards de francs CFA accordé par la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), pour un coût total de 15 milliards de francs CFA.
Dans le cadre de la modernisation du secteur agricole, l’Etat burkinabè, avec le soutien de ses partenaires, réaffirme sa volonté d’augmenter, de diversifier et d’intensifier la production agricole pour garantir une sécurité alimentaire et nutritionnelle durable.
Pour atteindre cet objectif, la disponibilité et l’accessibilité d’intrants de qualité (engrais et semences) ainsi que l’amélioration de la gouvernance du sous-secteur des entrants représentent des défis majeurs à relever. En effet, face aux effets des changements climatiques et à la dégradation rapide des terres agricoles, l’utilisation de semences de variétés améliorées et de fertilisants, en particulier les engrais, est une priorité en raison de leur contribution significative à la productivité agricole.
Pour répondre au besoin en fertilisants, le gouvernement a décidé de construire une usine de mélange d’engrais à Koupéla, dont la gestion a été confiée à la Société d’exploitation des phosphates du Burkina (SEPB). Sous la direction du ministère en charge de l’Agriculture, la SEPB a entrepris la mise en œuvre du Projet d’Urgence de Production d’Engrais Minéraux (PUPE). Ce projet contribuera à réduire la facture d’engrais de l’État, à rendre ces produits accessibles sur l’ensemble du territoire national à des prix abordables pour les agriculteurs, et à permettre aux personnes vulnérables, notamment aux personnes déplacées internes, d’intrants nécessaires à la production agricole.
Le ministre délégué chargé des Ressources animales, Dr Amadou Dicko, a présenté aux députés les enjeux et objectifs de ce projet. S’inscrivant dans l’initiative « Offensive agropastorale et halieutique 2023-2025 », le PUPE-BF a pour ambition de renforcer l’autosuffisance agricole du Burkina Faso. Il s’agit de produire 29 000 tonnes d’engrais NPK, ce qui permettra de répondre à une partie importante des besoins en fertilisants du pays.
L’objectif principal du PUPE-BF est d’augmenter la productivité et la production agricole, tout en contribuant à la sécurité alimentaire et nutritionnelle nationale. En soutenant les agriculteurs avec des engrais à des prix abordables, le projet vise à dynamiser l’économie rurale en créant des emplois directs et indirects dans la chaîne de valeur des fertilisants.
Le projet comprend également la construction de deux magasins de stockage de 5 000 tonnes chacun, ainsi que l’acquisition de matériels logistiques pour optimiser la gestion et la distribution des engrais sur tout le territoire. Des camions remorques et équipements de manutention seront également mobilisés pour garantir l’efficacité des opérations.
Le Dr Dicko a également souligné que la production locale d’engrais permettra de réduire les coûts et d’assurer la qualité des produits offerts aux agriculteurs. En outre, des mesures environnementales et sociales, comme le reboisement compensatoire et la formation à la sécurité au travail, seront intégrées dans le cadre du Plan de Gestion Environnementale et Sociale (PGES) du projet.
Le financement du projet est assuré par la BOAD. En effet, pour soutenir les pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) dans la gestion des conséquences de ces crises, le Conseil d’administration de la BOAD a approuvé le 20 septembre 2022 le programme d’urgence à impacts rapides, nommé « Programme SONG-TAABA 2022-2024 », d’un montant global de deux cents (200) milliards de francs CFA, à répartir équitablement entre les huit États membres, soit vingt-cinq (25) milliards de francs CFA par État. Ce programme vise à apporter une réponse cohérente à cette situation d’urgence, en lien avec les plans nationaux et régionaux de réponse aux crises.
Avec une durée d’exécution de quatre ans, le PUPE-BF marque une étape importante dans les efforts du gouvernement burkinabè pour moderniser le secteur agricole. Les députés ont salué unanimement l’initiative, votant massivement en faveur du projet. Son adoption ouvre la voie à une mise en œuvre rapide, renforçant ainsi l’espoir d’une autosuffisance alimentaire durable pour le Burkina Faso.
Par Vox Sahel

