SN CITEC : Après la nationalisation, l’huilerie renoue avec la performance
À l’occasion de la traditionnelle montée des couleurs, le Directeur général de la SN CITEC, le Camarade Nomandé Prosper KOLA, a présenté les premiers résultats enregistrés depuis la nationalisation de l’entreprise en novembre 2025. Avec une nette progression de l’activité au premier semestre 2026, la société entend consolider son redressement et renforcer sa contribution à la souveraineté industrielle et alimentaire du Burkina Faso.
LaSociété Nouvelle Compagnie Industrielle de Transformation et d’Exploitation des Cultures Oléagineuses (SN Citec) amorce une nouvelle dynamique. Depuis sa nationalisation décidée en novembre 2025, l’entreprise affiche des indicateurs en nette amélioration, selon le bilan présenté par son Directeur général, le Camarade Nomandé Prosper KOLA, à l’occasion de la traditionnelle montée des couleurs.
Revenant sur la situation de l’entreprise avant sa nationalisation, le Directeur général a rappelé que la SN CITEC faisait face à plusieurs difficultés, notamment une sous-utilisation de ses capacités de production, la vétusté de certains équipements, des tensions de trésorerie ainsi que des insuffisances en matière de gouvernance.
Face au risque d’un affaiblissement durable de cet outil industriel stratégique, l’État a fait le choix de reprendre l’entreprise dans son giron. Une décision motivée par la volonté de préserver les emplois, d’assurer la continuité de l’activité industrielle et de renforcer la transformation locale des oléagineux.
Une activité industrielle en forte progression
Quelques mois après cette reprise en main, les premiers résultats se veulent encourageants. La nationalisation a notamment permis de préserver le patrimoine industriel national, plus de 200 emplois permanents et plus de 400 emplois occasionnels.
Elle s’est également accompagnée d’un renforcement de la gouvernance et du contrôle interne, d’une relance de l’approvisionnement en graines et d’une amélioration des performances industrielles.
Au premier semestre 2026, l’huilerie a ainsi fonctionné pendant 156 jours, contre seulement 53 jours sur la même période un an auparavant. Sur cette période, la société a trituré 48 000 tonnes de graines et produit près de 8 000 tonnes d’huile raffinée, correspondant à environ 8,4 millions de litres.
Cette reprise de l’activité s’est traduite par une forte progression du chiffre d’affaires. Celui-ci s’est établi à 14,229 milliards de F CFA au premier semestre 2026, soit une hausse de 130 % par rapport à la même période de 2025. À lui seul, ce résultat semestriel dépasse les quelque 11 milliards de F CFAenregistrés avant la nationalisation.
Les mesures techniques et de gestion mises en œuvre ont, par ailleurs, permis de générer près de 300 millions de F CFA d’économies, contribuant ainsi aux efforts de redressement de l’entreprise.
Près de 25 milliards de F CFA pour quatre projets structurants
Pour inscrire cette dynamique dans la durée, la SN CITEC mise désormais sur la diversification et la modernisation de son outil industriel. Quatre projets structurants, représentant un investissement global de près de 25 milliards de F CFA, sont engagés.
Ils portent notamment sur la modernisation de la savonnerie, la production de beurre de karité et d’huile d’arachide, le renforcement des capacités de conditionnement des huiles ainsi que la relance de la production de pâte d’arachide.
Dans ce cadre, l’État, à travers le ministère de l’Économie et des Finances, accompagne notamment la modernisation de la savonnerie à hauteur de 14 milliards de F CFA.
Ces investissements doivent permettre à la SN CITEC d’accroître ses capacités, de diversifier son offre et de mieux valoriser les matières premières produites au Burkina Faso.
La diversification au cœur de la stratégie commerciale
Prenant la parole au nom du Directeur commercial et marketing, le Camarade Adama MIEN a, pour sa part, insisté sur l’importance de la diversification comme levier de croissance.
Il a appelé à renforcer le réseau de distribution, à conquérir de nouveaux marchés et à fidéliser davantage la clientèle. Pour lui, la satisfaction du client et l’esprit d’équipe doivent demeurer au cœur de l’action de la SN CITEC.
Cette orientation vise notamment à permettre à l’entreprise de mieux écouler ses produits, d’élargir sa présence sur le marché national et de consolider sa position dans la transformation des produits oléagineux.
Des manquements internes sous surveillance
Si les résultats présentés témoignent d’une amélioration de la situation, la direction entend également rester vigilante face aux difficultés internes.
Le Directeur général a ainsi déploré des manquements graves imputables à une minorité de collaborateurs et susceptibles, selon lui, de compromettre les efforts de redressement et les acquis enregistrés.
Il a assuré que les faits signalés feront l’objet d’un traitement rigoureux, dans le respect des procédures applicables, et que les mesures nécessaires seront prises afin de préserver les intérêts de la société.
Le Directeur général a toutefois tenu à saluer l’engagement de la grande majorité des travailleurs, dont l’implication quotidienne contribue, dans un contexte exigeant, à remettre progressivement la SN CITEC sur la voie de la performance.
« Produire, transformer et consommer localement »
À travers les résultats du premier semestre et les investissements annoncés, la SN CITEC entend ainsi poursuivre sa transformation en s’appuyant sur la modernisation, la diversification et une meilleure valorisation des matières premières locales.
« Produire localement, transformer localement et consommer localement : telle est notre boussole. Chaque graine transformée au Burkina Faso crée de la valeur, des emplois et de la souveraineté », a résumé la direction.
Une ambition qui inscrit le redressement de la SN CITEC dans une perspective plus large : celle du renforcement de la souveraineté alimentaire et industrielle du Burkina Faso par la transformation locale et la création de valeur au profit de l’économie nationale.
Par Vox Sahel

