YATENGA : UN INFORMATEUR DES GROUPES ARMÉS REGRETTE SON RÔLE ET APPELLE À LA REPENTANCE
Dans la province du Yatenga, un homme interpellé en juillet 2026 pour avoir renseigné des groupes armés terroristes sur les mouvements des aéronefs militaires dit regretter ses actes. Boukaré, 36 ans, originaire de la zone de Thiou, appelle désormais les autres détenteurs de postes émetteurs-récepteurs à abandonner cette pratique et à contribuer au retour de la paix.
Les Forces combattantes ont interpellé, courant juillet dernier dans la zone de Thiou, un homme soupçonné d’avoir joué un rôle d’informateur au profit de groupes armés terroristes. Âgé de 36 ans, Boukaré disposait d’un poste émetteur-récepteur (ER) qu’il utilisait, selon son témoignage, pour signaler aux terroristes l’arrivée des aéronefs militaires.
Ces alertes leur auraient permis de se mettre à l’abri et d’échapper aux frappes aériennes menées contre leurs positions.
Une interpellation après une course-poursuite
L’interpellation de Boukaré est intervenue alors qu’il revenait à vélo d’une séance d’abreuvement de son troupeau. À la vue d’éléments des Forces de défense et de sécurité (FDS), il aurait pris la fuite, abandonnant successivement son poste ER puis son vélo.
Après une course-poursuite, les FDS sont finalement parvenues à le rattraper. Selon son récit, les militaires lui auraient expliqué qu’ils ne s’en prennent pas aux personnes non armées. Constatant qu’il ne portait effectivement aucune arme, ils l’auraient épargné.
Boukaré a ensuite indiqué aux éléments l’endroit où il avait abandonné son poste émetteur-récepteur, permettant ainsi sa récupération.
« Je viens exprimer mes profonds regrets »
Après cette interpellation, l’homme dit avoir pris conscience de la gravité de ses actes. Il exprime sa gratitude aux Forces combattantes pour avoir épargné sa vie et demande pardon au peuple burkinabè.
« Je profite dire merci aux FDS pour m’avoir épargné la vie et de bien prendre soin de moi, malgré qu’elles ont su que j’étais une mauvaise personne », a-t-il déclaré, selon des sources sécuritaires.
Boukaré dit également avoir longtemps nourri, dans son environnement, l’idée que les FDS s’en prenaient indistinctement aux populations. Son expérience lors de son interpellation l’aurait conduit à revoir cette perception.
« Je viens aujourd’hui pour exprimer mes profonds regrets à l’ensemble du peuple burkinabè pour le tort que j’ai pu commettre », a-t-il ajouté.
Un appel aux autres informateurs
Désormais repentant, Boukaré adresse un message aux autres personnes utilisant des postes ER pour renseigner les groupes armés sur les mouvements des aéronefs militaires.
Il les exhorte à mettre fin à ces pratiques et à adopter, selon lui, des comportements favorables au retour de la paix.
« Adoptons de bons comportements pour permettre aux FDS de gagner la guerre et de faire revenir rapidement la paix dans le pays », a-t-il lancé.
Ce témoignage intervient alors que les Forces combattantes poursuivent leurs opérations contre les groupes armés terroristes sur plusieurs fronts du pays.
Entre repentir et poursuite des opérations
Selon des sources sécuritaires, plusieurs personnes impliquées dans les groupes armés ont, ces derniers mois, été récupérées ou secourues par les Forces combattantes, notamment des enfants et des combattants, avec l’objectif de leur offrir une possibilité de revenir à une vie normale.
Parallèlement, les opérations militaires se poursuivent contre les éléments qui maintiennent leur engagement armé. Les autorités burkinabè continuent ainsi de réitérer leur appel aux combattants des groupes armés à déposer les armes et à renoncer à la violence.
Le cas de Boukaré illustre ainsi, selon les sources sécuritaires, l’importance du choix individuel dans le contexte de la lutte contre le terrorisme : renoncer à l’appui aux groupes armés et contribuer au retour de la paix plutôt que continuer à faciliter leurs actions.

