Peinture bâtiment : L’APK veut bâtir une profession plus forte et mieux valorisée

Peinture bâtiment : L’APK veut bâtir une profession plus forte et mieux valorisée

Structurer un métier longtemps confronté au manque d’organisation, défendre les intérêts des artisans peintres et promouvoir les bonnes pratiques. Le 29 juillet 2026, le président de l’Association des peintres du Kadiogo (APK), Bavile Hien, a présenté les ambitions de son organisation, les défis auxquels font face les professionnels du secteur ainsi que les actions envisagées pour renforcer la professionnalisation du métier de peintre en bâtiment au Burkina Faso.

Créée pour fédérer les artisans peintres en bâtiment et porter leurs préoccupations, l’Association des peintres du Kadiogo entend donner un nouvel élan à un secteur qui souffre encore d’un déficit d’organisation et de reconnaissance. Selon son président, Bavile Hien, la création de l’association répond à plusieurs constats.

Bavile Hien, président de l’APK

« La création de l’APK est née du constat des problèmes sanitaires liés à certaines gammes de peinture, de la réduction des offres de services et du manque de professionnalisme de certains collègues. ».

L’organisation s’est ainsi fixé plusieurs missions, notamment la défense des intérêts socioprofessionnels de ses membres et la promotion du métier de peintre en bâtiment.

« Les principales missions de l’APK sont de défendre les intérêts socioprofessionnels de ses membres et de promouvoir le métier de peintre en bâtiment au Burkina Faso. Nous préparons des candidats aux examens du CQP de peintre en bâtiment, nous menons des campagnes de sensibilisation sur la dangerosité de certains produits de peinture et nous offrons des services gracieux à certaines administrations publiques et privées. ».

Bien que basée dans le Kadiogo, l’association affiche des ambitions nationales. « Nos missions sont d’ordre national. Évidemment, à l’avenir, nous nous implanterons dans les autres provinces. » Avec environ 400 membres, l’APK participe également aux initiatives visant à mieux encadrer le secteur. « Le référentiel a été élaboré et appliqué cette année pour la toute première fois lors du CQP 2026. En revanche, la réglementation sur les peintures est toujours en cours d’élaboration. ».

Cependant, plusieurs difficultés continuent de freiner l’épanouissement du métier. Parmi elles, la concurrence déloyale, la hausse du coût des matériaux, le manque de formation continue, l’absence de protection sociale et les conditions parfois difficiles sur les chantiers. « Les peintres burkinabè font face à plusieurs difficultés.

D’abord, il y a la concurrence déloyale de personnes qui exercent le métier sans qualification, ce qui tire les prix vers le bas et nuit à l’image de la profession. Ensuite, le coût des matériaux ne cesse d’augmenter, alors que les revenus des artisans restent faibles. Nous faisons également face à un manque de formation continue, à l’absence de protection sociale pour la majorité des peintres et à des conditions de travail parfois difficiles, notamment en matière de sécurité sur les chantiers. ».

Pour relever ces défis, l’APK appelle à un accompagnement renforcé des pouvoirs publics et des partenaires. « Nous saluons les efforts déjà consentis par certaines institutions et partenaires qui accompagnent le secteur de l’artisanat. Cependant, cet accompagnement reste insuffisant au regard des besoins. Nous souhaitons un partenariat plus renforcé avec les pouvoirs publics, les collectivités territoriales et les partenaires techniques afin de soutenir la formation professionnelle, l’acquisition d’équipements modernes, la sensibilisation aux normes de qualité et la création d’opportunités d’emploi pour les artisans peintres. ».

Au-delà de la défense des intérêts professionnels, l’association entend également jouer un rôle dans la promotion de la solidarité et de l’engagement citoyen. C’est dans cette dynamique qu’elle a procédé à la réfection gracieuse de la peinture du siège du journal Le Quotidien. Une action que Bavile Hien inscrit dans une démarche de responsabilité sociale.

« La réfection gracieuse de la peinture du siège du journal Le Quotidien s’inscrit dans cette vision de responsabilité citoyenne et de solidarité. C’était une manière de témoigner notre reconnaissance à un média qui contribue à la promotion de la culture, des arts et des initiatives citoyennes au Burkina Faso. ».

A travers cette initiative, l’APK veut également changer la perception du métier de peintre. « À travers ce geste, nous voulons également montrer que les peintres ne sont pas seulement des prestataires de services, mais aussi des acteurs du développement social, engagés pour l’embellissement de notre cadre de vie et la valorisation du patrimoine national. Nous comptons poursuivre ce type d’initiatives au profit d’autres structures d’intérêt public, dans la mesure de nos moyens. ».

Le président de l’APK invite par ailleurs les populations, les entreprises et les institutions à accorder davantage de confiance aux artisans qualifiés. « Nous invitons les Burkinabè à faire confiance aux artisans peintres qualifiés et à privilégier la qualité plutôt que le moindre coût. Nous demandons aux entreprises de respecter les normes professionnelles et de donner leur chance aux artisans locaux. Quant aux institutions publiques et privées, nous souhaitons qu’elles associent davantage notre association à leurs projets de construction, de réhabilitation et d’embellissement. Ensemble, nous pouvons professionnaliser davantage le métier et créer des emplois durables. ».

Aux jeunes qui souhaitent embrasser ce métier, Bavile Hien adresse un message d’encouragement. « Je voudrais dire aux jeunes que le métier de peintre est un véritable métier d’avenir. Avec de la formation, de la discipline et de la passion, il est possible d’en vivre dignement et de créer sa propre entreprise. Nous les encourageons à rechercher un apprentissage de qualité, à respecter les normes professionnelles, à continuer à se former et à intégrer les associations professionnelles comme l’APK pour bénéficier d’un accompagnement et évoluer dans leur carrière. ».

A court terme, l’APK prévoit de renforcer les formations techniques et les campagnes de sensibilisation. À moyen terme, elle ambitionne de mettre en place un centre de formation spécialisé, d’étendre son implantation sur l’ensemble du territoire et de développer des partenariats pour améliorer les conditions de travail des artisans. Pour Bavile Hien, la professionnalisation demeure une étape indispensable pour valoriser le savoir-faire des peintres burkinabè, créer des emplois durables et encourager l’utilisation de peintures respectueuses de la santé et de l’environnement.

« Notre message est un appel à l’union et à l’engagement de tous. Le métier de peintre contribue à l’embellissement de nos villes, à la protection de nos bâtiments et à la création d’emplois. Il mérite d’être mieux valorisé et mieux accompagné. Nous invitons les autorités à poursuivre leurs efforts en faveur de la professionnalisation du secteur, les partenaires à soutenir nos initiatives et les Burkinabè à faire confiance aux artisans peintres qualifiés. L’Association des peintres du Kadiogo restera pleinement engagée à défendre les intérêts de ses membres, à promouvoir la qualité, à encourager l’utilisation de peintures sans plomb et à contribuer au développement socio-économique du Burkina Faso. Ensemble, nous pouvons bâtir une profession plus forte, plus compétente et plus respectueuse de la santé et de l’environnement», a-t-il conclu.

Par Amir BAKO

Vox Sahel

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