Télécommunications : L’ABPMT reconduit Moumouni SAWADOGO et entend contribuer à la stratégie industrielle du Burkina Faso

Télécommunications : L’ABPMT reconduit Moumouni SAWADOGO et entend contribuer à la stratégie industrielle du Burkina Faso

Réunis en assemblée générale extraordinaire le 8 août 2026 à Ouagadougou, les techniciens, ingénieurs et scientifiques burkinabè du secteur des télécommunications ont placé le renforcement des compétences et leur participation aux orientations technologiques nationales, notamment celles liées à l’industrie 4.0, au cœur de leur nouvelle feuille de route. À l’issue des travaux, Moumouni Sawadogo a été reconduit à la présidence de l’Association burkinabè des professionnels des métiers des télécommunications et assimilés (ABPMT) pour un mandat de trois ans.

L’assemblée générale extraordinaire s’est tenue le 8 août 2026, sous le thème : « Les télécoms dans la nouvelle stratégie industrielle du Burkina Faso : défis, contraintes et perspectives ».

La rencontre a été marquée par le renouvellement du bureau exécutif de 12 membres ainsi que le Bureau du comité scientifique. À cette occasion, Moumouni Sawadogo, ingénieur télécom, a été reconduit pour un nouveau mandat de trois ans à la tête de l’organisation.

Un premier mandat consacré à la structuration

Pour le président reconduit, cette confiance renouvelée constitue avant tout une reconnaissance du travail engagé depuis la création de l’association. « Cette confiance renouvelée à la tête du bureau exécutif » doit permettre de poursuivre les chantiers engagés lors du premier mandat, explique Moumouni Sawadogo.

Parmi les acquis revendiqués figure notamment la relecture des textes statutaires et du règlement intérieur de l’association. L’ABPMT travaille également sur un projet visant à contribuer à la mise en place d’un ordre unique des ingénieurs, ainsi que sur des propositions de textes législatifs destinés à mieux encadrer et valoriser les métiers techniques.

Cette ambition de structuration professionnelle n’est pas nouvelle. En 2024, l’association plaidait déjà pour la fédération des différentes organisations professionnelles du secteur et pour la création, à terme, d’une instance capable de représenter les professionnels auprès des pouvoirs publics.

L’ABPMT avait alors indiqué compter une cinquantaine de membres actifs et insistait sur la nécessité d’une mobilisation plus forte des ingénieurs et techniciens du public comme du privé.

De la représentation à l’expertise

L’autre évolution notable concerne le positionnement scientifique de l’association. Selon son président, l’ABPMT a déjà produit huit contributions scientifiques dans différents domaines des télécommunications, avec l’appui d’experts nationaux. Cette orientation traduit une volonté de faire de l’association davantage qu’un cadre corporatif : un réservoir d’expertise susceptible d’alimenter la décision publique.

La création d’un comité scientifique participe de cette logique. Dans un secteur marqué par des mutations rapides, intelligence artificielle, cybersécurité, infrastructures numériques, connectivité, cloud, données et nouvelles générations de réseaux, la maîtrise de l’expertise devient un enjeu stratégique.

L’association a également travaillé à renforcer sa visibilité institutionnelle à travers la conception de son identité visuelle et la mise en place d’un site web. Elle a, par ailleurs, multiplié les échanges avec les autorités afin de présenter ses objectifs et ses projets.

Un nouveau mandat placé sous le signe de l’industrie

Le deuxième mandat de Moumouni SAWADOGO devrait surtout être celui de la transformation des propositions en actions concrètes. Premier chantier annoncé : l’organisation d’un colloque consacré au développement de l’industrie des télécommunications au Burkina Faso.

L’objectif est de réunir l’ensemble des parties prenantes de l’écosystème afin d’établir un diagnostic approfondi de la filière, de partager les principaux constats et de formuler, de manière concertée, des recommandations pertinentes à l’attention du Gouvernement et des différents décideurs.

L’enjeu dépasse ainsi la seule question de l’accès aux réseaux.Pour l’ABPMT, le Burkina Faso doit également réfléchir à sa capacité à produire au niveau national de la valeur dans l’écosystème numérique, développer ses compétences, favoriser l’innovation et renforcer les liens entre les professionnels, les entreprises, les universités et les pouvoirs publics.

Le défi des compétences et de l’enseignement supérieur

Autre priorité du nouveau bureau : le rapprochement avec les entreprises et le monde académique. L’association entend poursuivre son projet d’accompagnement de l’enseignement supérieur afin de contribuer à une harmonisation des programmes de formation avec les besoins réels du marché.

La question est stratégique. Alors que les technologies évoluent rapidement, le décalage entre les formations dispensées et les compétences recherchées par les entreprises peut constituer un frein au développement de l’industrie numérique.

L’ABPMT veut donc renforcer le dialogue entre universités, écoles d’ingénieurs, entreprises et professionnels afin que les formations puissent mieux répondre aux transformations du secteur.

Participer aux débats technologiques internationaux

Le nouveau bureau entend également positionner l’association sur les questions liées aux évolutions technologiques internationales. Moumouni Sawadogo annonce ainsi la volonté de participer, avec l’appui des autorités et des institutions de l’écosystème, aux groupes de travail internationaux consacrés aux évolutions technologiques.

L’objectif est double : anticiper les transformations à venir et permettre au Burkina Faso de mieux défendre ses intérêts dans les espaces où se discutent les standards et orientations technologiques.

Cette ambition prend une importance particulière dans un contexte où la souveraineté numérique, la maîtrise des données, la cybersécurité et l’autonomie technologique occupent une place croissante dans les politiques publiques.

L’informel, autre chantier stratégique

L’ABPMT veut par ailleurs élargir son champ d’action au secteur informel. L’association souhaite réfléchir aux moyens d’accompagner les acteurs informels intervenant dans l’écosystème des télécommunications et des technologies, afin de favoriser leur professionnalisation et leur intégration dans une dynamique plus structurée.

Cette orientation pourrait constituer un levier important dans un pays où une partie significative des activités économiques échappe encore aux circuits formels.

Au terme de l’assemblée générale, le président reconduit a lancé un appel à l’ensemble des acteurs du secteur. « Nous invitons les acteurs de l’écosystème à s’engager auprès de l’association pour que les propositions qui seront faites puissent porter des fruits », a-t-il déclaré.

À l’endroit des pouvoirs publics, le message est tout aussi direct : l’ABPMT sollicite leur accompagnement pour faire aboutir les propositions issues de ses travaux.

Trois ans après sa création, l’association s’apprête à changer de dimension. Après une première phase consacrée à sa structuration interne et au renforcement de sa représentativité, elle ambitionne désormais de s’affirmer comme un acteur technique de référence, appelé à contribuer pleinement à la définition des orientations nationales du secteur des télécommunications.

Vox Sahel

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