Premier mois de la mise en œuvre de la Vidéo-verbalisation : Ne pas relâcher la pression !
La vidéo-verbalisation est en train de démontrer toute son utilité dans la lutte contre l’incivisme routier au Burkina Faso. Les chiffres présentés par le ministre de la Sécurité, Mahamadou Sana, lors de la conférence de presse du 4 septembre 2026 sont suffisamment éloquents : 19 910 infractions ont été constatées par les caméras entre le 1er et le 31 août 2026.Derrière ces chiffres, c’est une réalité préoccupante qui se dévoile. Plus de sept infractions sur dix concernent le non-port de la ceinture de sécurité.
Les excès de vitesse représentent 15,36 %, tandis que le non-respect des feux de signalisation atteint 12,26 %. L’usage manuel du téléphone au volant complète ce tableau avec 1,07 % des infractions. Ces comportements ne sont pas de simples écarts au Code de la route. Ils peuvent coûter des vies. Chaque excès de vitesse, chaque téléphone tenu au volant, chaque feu brûlé ou chaque ceinture oubliée peut transformer un déplacement ordinaire en drame.
La vidéo-verbalisation permet ainsi de renforcer la surveillance, mais surtout de rappeler à chaque usager que la route n’est pas un espace sans règles. Il faut donc saluer cette initiative et encourager les pouvoirs publics à maintenir le cap. L’objectif ne doit toutefois pas être uniquement de multiplier les constats. La véritable efficacité de la vidéo-verbalisation se mesurera aussi à sa capacité à faire évoluer durablement les comportements et à assurer le recouvrement des amendes. Sur ce dernier point, les chiffres interpellent.
Les infractions constatées ont généré 146,559 millions de francs CFA d’amendes en un mois. Pourtant, seulement 16,1 millions de francs CFA, soit environ 10 %, avaient été effectivement payés. Il reste donc une importante marge de recouvrement. L’Etat doit désormais travailler à réduire cet écart. Les moyens technologiques mobilisés pour constater les infractions doivent être accompagnés d’un mécanisme efficace de notification, de suivi et de recouvrement.
Une infraction constatée mais jamais sanctionnée financièrement risque, à terme, de perdre une partie de sa portée dissuasive. Il ne s’agit évidemment pas de faire de l’amende un simple instrument de collecte de recettes. La priorité demeure la sécurité des usagers. Mais une sanction doit être effective pour être respectée. Le citoyen qui sait qu’une infraction entraîne systématiquement une conséquence sera davantage porté à respecter les règles.
La vidéo-verbalisation doit donc poursuivre sa montée en puissance. Davantage de sensibilisation, davantage de contrôle, mais aussi davantage de rigueur dans le suivi des infractions constatées. Continuer dans cette lancée, oui. Mais il faut aller jusqu’au bout de la chaîne : constater, notifier, sanctionner et recouvrer. C’est à ce prix que la technologie deviendra un véritable outil de changement des comportements et que nos routes pourront progressivement gagner en sécurité.
La Rédaction

