OPINION | Football burkinabè : et si les supporters prenaient aussi leur part de responsabilité ?
Stades vides, faible engouement, manque de visibilité : le football burkinabè peine à mobiliser. Mais au-delà des insuffisances des clubs, Hassan Diallo interpelle les supporters sur leur propre responsabilité dans la construction d’une véritable culture populaire autour du football local. Pour lui, un club ne devient pas grand grâce à ses supporters d’après-succès : il le devient aussi grâce à ceux qui croient en lui avant la gloire.
Le football burkinabè est malade, et l’un des symptômes les plus visibles, ce sont les stades vides. Mais à chaque fois, on met toute la responsabilité sur les clubs : “les clubs n’ont pas de stratégie”, “ils ne communiquent pas”, “ils ne savent pas créer de l’engouement”… D’accord. Mais NOUS, en tant que supporters, on fait quoi concrètement ?
C’est trop facile d’exiger des clubs qu’ils deviennent le Real Madrid ou le Barça avant de commencer à les soutenir. On attend qu’ils aient une grosse communication, des stars, des moyens, des infrastructures, une communauté énorme… et seulement après on veut s’identifier à eux.
Mais comment voulez-vous qu’un club construise tout ça si personne ne vient au stade, personne n’achète ses maillots, personne ne parle de lui et que même les gens qui prétendent aimer le football local passent leur temps à le dénigrer ?
Un club ne devient pas grand parce que les supporters arrivent après son succès. Très souvent, il devient grand parce que les supporters étaient là AVANT.
Nous voulons l’ambiance du Barça, la ferveur du Real, les communautés des grands clubs européens… mais sans accepter de faire le chemin qui permet de les construire.
À un moment donné, il faut arrêter l’hypocrisie : si nous voulons un football burkinabè fort, il faut aussi que NOUS construisions nos clubs avec eux. Aller au stade, suivre les matchs, partager leurs contenus, acheter leurs maillots, parler d’eux, créer des communautés autour d’eux.
On ne peut pas demander aux clubs de créer une culture populaire autour d’eux tout en attendant tranquillement que cette culture existe pour devenir supporter.
Le changement ne viendra pas uniquement des dirigeants. Il viendra aussi des tribunes. Et pour avoir des tribunes pleines, il faut commencer par y être.
✍️ Hassan Diallo

