CIM-SAHEL : La nouvelle arme du Burkina contre la spéculation sur le ciment
Au Burkina, le Conseil des ministres a adopté, ce mercredi é juillet 2026, deux décrets portant respectivement création et adoption des statuts de la société d’économie mixte à participation publique majoritaire dénommée CIM-SAHEL. À travers cette initiative, le gouvernement entend renforcer la disponibilité du ciment, lutter contre la spéculation sur les prix et accompagner la dynamique de réalisation des infrastructures à travers le pays.
Face à la forte demande en matériaux de construction induite par les nombreux chantiers d’infrastructures engagés au Burkina Faso, le gouvernement a décidé de mettre en place un nouvel instrument de régulation du marché du ciment. Réuni en Conseil des ministres, l’Exécutif a adopté deux décrets relatifs à la création de la société d’économie mixte à participation publique majoritaire CIM-SAHEL et à l’approbation de ses statuts.
Présentant cette décision à l’issue des travaux du Conseil, le ministre chargé de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, Serge Gnaniodem Poda, a indiqué que cette mesure répond à un besoin de régulation d’un secteur stratégique pour l’économie nationale.
Selon lui, le Burkina Faso connaît actuellement une accélération sans précédent de son développement, matérialisée par la multiplication des chantiers dans plusieurs domaines. Cette dynamique entraîne une demande soutenue en ciment, indispensable à la réalisation des infrastructures publiques et privées.
Le ministre a rappelé que le pays dispose d’une dizaine d’unités de production de ciment, essentiellement contrôlées par des opérateurs privés, pour une capacité de production annuelle estimée à environ sept millions de tonnes. Pourtant, a-t-il relevé, le marché reste confronté à des ruptures d’approvisionnement et à une hausse des prix, alors même que la consommation nationale est inférieure à la capacité de production disponible.
Pour le gouvernement, cette situation traduit la nécessité d’une intervention publique afin de garantir une meilleure disponibilité du produit et de favoriser des prix plus accessibles aux populations.
La nouvelle société, dotée d’un capital social de 5 milliards de F CFA, sera détenue à 60 % par l’État et à 40 % par des partenaires privés. Elle aura pour mission de contribuer à l’approvisionnement du marché national en ciment, de participer à la stabilisation des prix et d’accompagner les efforts de développement du pays.
Selon Serge Gnaniodem Poda, l’adoption des deux décrets permet désormais d’engager les démarches conduisant à l’opérationnalisation de CIM-SAHEL. Il a, par ailleurs, indiqué que le Président du Faso a instruit le gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour une mise en place diligente de la société.
À moyen terme, les autorités attendent de cette entreprise qu’elle renforce les quantités de ciment disponibles sur le marché national, facilite l’accès à ce matériau stratégique à des coûts raisonnables et soutienne durablement la mise en œuvre des programmes d’investissement publics ainsi que les initiatives du secteur privé.

