Edito/Journées d’engagement patriotique 2026 : Le pari du “Burkinabè nouveau”

Edito/Journées d’engagement patriotique 2026 : Le pari du “Burkinabè nouveau”

L’appel lancé par le Capitaine, Président du Faso, Ibrahim Traoré à l’occasion des Journées d’engagement patriotique 2026 résonne comme une invitation à une révolution silencieuse, mais décisive : celle des mentalités. À travers son concept de « Burkinabè nouveau », c’est une rupture assumée avec des décennies de dépendance économique et culturelle qui est proposée. Le diagnostic est sans détour. L’impérialisme, loin d’être une abstraction historique, s’insinue dans le quotidien, jusque dans nos habitudes alimentaires et de consommation.

Ce constat, aussi dérangeant soit-il, a le mérite de poser les bases d’un débat essentiel : peut-on réellement aspirer au développement en restant dépendant des autres pour se nourrir, se vêtir et consommer ? La réponse semble évidente. Le véritable développement ne s’importe pas. Il se construit. Et il se construit d’abord de l’intérieur, par les citoyens eux-mêmes.

Compter sur l’extérieur pour bâtir son économie, c’est accepter de vivre sous perfusion. C’est renoncer, en partie, à sa souveraineté et à sa dignité. Dans cette perspective, l’appel à consommer local, à valoriser le Faso Dan Fani, le mil, le sorgho ou encore les productions nationales n’est pas un simple slogan politique. Il s’agit d’un acte de résistance économique, mais aussi d’un choix stratégique.

Chaque produit local consommé est une pierre posée dans l’édifice de l’indépendance réelle. Regarder les autres nations peut inspirer, mais copier sans adapter peut aliéner. Les pays qui se sont développés durablement ont, avant tout, misé sur leurs propres ressources, leurs savoir-faire et leur capacité d’innovation interne.

Le Burkina Faso ne saurait faire exception à cette règle universelle. C’est pourquoi la vision portée par le Président mérite plus qu’une écoute attentive : elle appelle à un engagement collectif. Car sans l’adhésion des citoyens, aucune politique, aussi pertinente soit-elle, ne peut produire les résultats escomptés.

Le défi est donc clair : passer des discours aux actes. Transformer les habitudes, soutenir les producteurs locaux, revaloriser ce qui est fait ici, pour ici. A  ce prix seulement, le développement cessera d’être un horizon lointain pour devenir une réalité tangible. Accompagner cette dynamique, c’est faire le choix de la responsabilité. Refuser de le faire, c’est accepter de tendre indéfiniment la main. Entre les deux, il n’y a pas de neutralité possible.

La Rédaction

Vox Sahel

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