Burkina Faso : La baisse des prix des céréales soulage enfin les ménages
Après une année 2025 marquée par une flambée historique des prix des denrées alimentaires, les ménages burkinabè retrouvent progressivement un peu de répit. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), le panier de la ménagère a connu entre 2025 et 2026 une évolution spectaculaire, passant d’une période de forte tension à une nette amélioration des conditions d’approvisionnement.
En mars 2025, plusieurs localités du pays faisaient face à une crise aiguë de cherté de la vie. Les prix des principales céréales avaient atteint des niveaux alarmants, dépassant largement les moyennes observées ces cinq dernières années. Le niébé enregistrait notamment une hausse de 54 % au-dessus de la moyenne quinquennale.
Dans certaines zones, la situation était devenue critique. À Diapaga, le prix du maïs avait bondi de 381 %, contraignant de nombreuses familles à acheter leurs vivres en très petites quantités. Des sachets de seulement 210 grammes de céréales étaient commercialisés, ramenant le kilogramme à près de 2 000 FCFA. Une réalité difficile pour les ménages déjà fragilisés par l’épuisement des stocks familiaux et la faiblesse de l’offre sur les marchés.
Cette flambée des prix avait fortement réduit le pouvoir d’achat des populations, en particulier celui des couches les plus vulnérables, devenues entièrement dépendantes de marchés en surchauffe.
Mais un an plus tard, la tendance s’est inversée. En février 2026, le PAM constate une amélioration notable de l’offre céréalière sur les marchés nationaux. Cette embellie est principalement attribuée aux bonnes performances de la campagne agricole 2025-2026 ainsi qu’au maintien de l’interdiction d’exportation des céréales, une mesure qui a contribué à renforcer l’approvisionnement du marché intérieur.
Les chiffres traduisent clairement cette baisse des prix. En l’espace d’un an, le prix du maïs a reculé de 31 %, celui du sorgho de 27 %, tandis que le niébé a chuté de 33 %. Les produits importés de grande consommation ont également suivi cette tendance baissière : le riz a diminué de 12 % et le sucre de 9 % par rapport à février 2025.
Cette réduction des coûts alimentaires constitue une véritable bouffée d’oxygène pour les ménages burkinabè, confrontés depuis plusieurs années à une succession de crises sécuritaires et économiques. Si les défis restent nombreux, cette détente sur les marchés alimentaires redonne un peu d’espoir aux consommateurs et pourrait contribuer à améliorer la sécurité alimentaire dans plusieurs régions du pays.
Vox Sahel

