Hygiène du pain au Burkina : Des boulangeries dans le viseur à Ouagadougou
Des boulangeries de la capitale ont été sanctionnées pour non-respect du poids réglementaire du pain et des règles d’hygiène. Lors d’une conférence de presse conjointe tenue le 31 décembre 2025 à Ouagadougou, la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB), la Police municipale et l’ABNORM ont dressé le bilan des contrôles. Une sortie marquée par la déclaration ferme de Dasmané Traoré sur la protection des consommateurs.

Le pain, produit de consommation quotidienne, « est bien plus qu’un simple aliment ; il est un symbole de stabilité sociale et un indicateur du pouvoir d’achat des ménages », a rappelé Dasmané Traoré. À ses yeux, la vente de pain en dessous du poids réglementaire ou sa fabrication dans des conditions insalubres ne relèvent pas de simples irrégularités, mais constituent « une atteinte directe à la dignité et à la santé des consommateurs ».
Face à ces pratiques, les autorités rappellent que le gouvernement burkinabè a fixé le poids et le prix du pain, élaboré des normes sanitaires et renforcé les contrôles et sanctions afin de garantir que « chaque consommateur obtienne ce pour quoi il paie ». Malgré ce cadre réglementaire, certaines boulangeries continuent de réduire le poids du pain et de négliger l’hygiène, alimentant frustration et sentiment d’injustice au sein des populations.
A la suite de dénonciations citoyennes, une opération conjointe de contrôle a été menée le lundi 29 décembre 2025 par la Police municipale et l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité. Sur cinq boulangeries contrôlées, une a été fermée pour insalubrité et exercice illégal de la profession, deux ont été interpellées pour documents incomplets et insalubrité des locaux, une a été félicitée pour le respect du poids du pain avec une moyenne de 176 grammes pour une norme requise de 160 grammes et un niveau de salubrité jugé acceptable, tandis qu’une autre a été convoquée pour insuffisance de documents et de mesures d’hygiène.
Pour Dasmané Traoré, cette opération démontre que « la réglementation seule ne suffit pas » et qu’elle doit être soutenue par une vigilance citoyenne et une action institutionnelle ferme. Il a précisé que près d’une centaine de boulangeries ont été recensées dans la commune de Ouagadougou et que des contrôles similaires ont été menés tout au long de l’année 2025.
Au total, 198 boulangeries ont été contrôlées au cours de l’année, avec, pour ce qui concerne l’ABNORM, un taux de conformité de 78 % sur le poids du pain. Des résultats jugés encourageants, mais encore insuffisants au regard des enjeux de santé publique et de protection du consommateur.
La LCB, la Police municipale et l’ABNORM réaffirment leur détermination à lutter contre la diminution du poids du pain et le non-respect des règles d’hygiène afin d’assurer une concurrence saine et de défendre les droits des consommateurs.
En cette période festive et à l’orée de l’année 2026, Dasmané Traoré a appelé les populations à rester vigilantes et à dénoncer tout manquement, rappelant que « face à l’injustice, le silence n’est pas une option ».
Par Amir BAKO

