Culture d’ananas au Burkina Faso : De la production à la transformation, une chaîne désormais complète

Culture d’ananas au Burkina Faso : De la production à la transformation, une chaîne désormais complète

La production d’ananas « Made in Burkina » franchit un nouveau cap. Longtemps limitée à des initiatives expérimentales, elle s’impose désormais comme un levier stratégique pour l’industrialisation agroalimentaire nationale. À Matourkou, dans la région du Guiriko, la ferme Djoda d’Oumarou Compaoré vient de livrer une commande de 20 tonnes d’ananas à une unité de transformation locale, confirmant ainsi la montée en puissance d’une filière en pleine structuration.

Depuis 2018, le Burkina Faso s’est engagé dans une dynamique d’intensification de la culture de l’ananas. L’objectif : garantir un approvisionnement régulier en matière première pour les usines spécialisées dans la transformation des produits locaux.

Dans le champ d’un demi-hectare de la ferme Djoda, les ouvriers s’activent pour honorer une commande évaluée à près de dix millions de francs CFA. « Nous ne sommes plus au stade de l’expérimentation. Les résultats obtenus sont convaincants et attirent désormais de grandes unités industrielles », affirme Oumarou Compaoré, visiblement fier du chemin parcouru.

Une demande industrielle en forte croissance

Une fois récoltés, les fruits prennent la direction d’une unité de transformation de la région. Là, ils sont pesés, déchargés, lavés puis introduits dans le circuit de traitement pour être transformés en jus naturel. Une étape clé qui illustre la volonté du pays de valoriser sur place ses matières premières.

Pour les industriels, le recours au produit local est aussi un choix économique. « Importer l’ananas revient plus cher à cause des taxes, des droits de douane et même de la TSV (Taxe sur la boisson) appliquée sur la matière importée », explique un responsable de l’usine. D’où l’importance stratégique d’une production nationale fiable et abondante.

La demande s’intensifie : en plus des 20 tonnes achetées à Matourkou, une autre usine à Ouagadougou a exprimé un besoin immédiat de 30 tonnes. Une preuve que la filière entre dans une phase d’industrialisation accélérée.

Un secteur porteur d’emplois et de perspectives

Face à l’ampleur de la demande, Oumarou Compaoré encourage d’autres producteurs à s’engager dans la culture de l’ananas. Deux coopératives ont déjà vu le jour pour renforcer les capacités de production. Mais une seule ferme ne peut satisfaire les besoins croissants des usines.

L’ambition du producteur est claire : étendre son exploitation à 100 hectares dans les années à venir. Pour y parvenir, il sollicite l’accompagnement des autorités afin de soutenir l’expansion de cette spéculation aux retombées économiques et sociales majeures.

Le pari du consommons local

Le développement de la filière ananas participe directement à la stratégie nationale de promotion du « consommons local ». En transformant sur place la production agricole, le Burkina Faso crée de la valeur, des emplois et réduit sa dépendance aux importations.

Avec l’émergence d’unités industrielles performantes et l’engagement de producteurs motivés, la filière ananas burkinabè semble prête à devenir un pilier important de l’économie agroalimentaire du pays.

Par Ibrahima Kaliloullah

Vox Sahel

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