France : journée de chaos et de mobilisation sous le mot d’ordre « Bloquons tout »
La France traverse une journée de tension extrême, marquée par des grèves, des blocages et de violentes manifestations dans le cadre du mouvement baptisé « Bloquons tout ». Cette mobilisation survient au lendemain de la démission du Premier ministre François Bayrou, remplacé par Sébastien Lecornu, dans un climat politique déjà instable.
Une mobilisation massive et tendue
Dès les premières heures de la matinée, plusieurs axes stratégiques ont été bloqués, notamment le Boulevard périphérique parisien. La Préfecture de police a recensé, vers 8 h 30 (6 h 30 TU), 75 interpellations en lien avec ces actions. Au total, le ministère de l’Intérieur fait état d’une centaine d’arrestations sur l’ensemble du territoire, dont la grande majorité à Paris.
Face à cette situation explosive, 80 000 policiers et gendarmes ont été déployés à travers le pays, dont 6 000 dans la capitale. Les pompiers de Paris ont dû intervenir pour éteindre des feux de barricades aux portes de Bagnolet et de Montreuil.
Les services de sécurité estiment que 100 000 participants sont attendus dans toute la France au cours de la journée, entre manifestations, blocages et actions de sabotage.
Violences et affrontements
À Paris, de violents heurts ont éclaté devant le lycée Hélène-Boucher, où des lycéens ont affronté les forces de l’ordre lors d’un blocus. Dans l’Ouest, à Nantes, plusieurs poubelles ont été incendiées devant l’entrée du centre hospitalier universitaire (CHU). Après sommations, les forces de l’ordre ont dispersé les manifestants afin de sécuriser l’établissement et permettre l’intervention des pompiers.
Selon un dernier bilan communiqué par la préfecture de police de Paris à 17 heures, 203 personnes avaient été interpellées en région parisienne.
Une contestation dirigée contre Emmanuel Macron
Au cœur de la colère, une exigence : la démission du président Emmanuel Macron. Les manifestants l’accusent d’avoir plongé la France dans une crise économique, politique et diplomatique sans précédent. Les interpellations massives menées ces derniers jours – plus de 250 selon les chiffres du gouvernement – alimentent davantage la défiance et la radicalisation d’une partie des protestataires.
Une impasse politique inquiétante
Le ministre de l’Intérieur démissionnaire, Bruno Retailleau, avait promis une politique de « tolérance zéro » face aux débordements. Il avait confirmé le déploiement massif de 80 000 membres des forces de l’ordre et assuré qu’« aucune violence ne serait tolérée ». Mais la répression nourrit déjà un sentiment d’affrontement inévitable entre un pouvoir contesté et un peuple déterminé à faire entendre sa colère.
En ce 10 septembre, la France s’enfonce un peu plus dans une impasse explosive, où l’équilibre entre maintien de l’ordre et expression démocratique semble vaciller.

