Ibrahim Cissé : l’artisan du style, entre ciseaux, ballon rond et podiums

Ibrahim Cissé : l’artisan du style, entre ciseaux, ballon rond et podiums

Coiffeur des stars, promoteur culturel et égérie de mode, Ibrahim Cissé incarne une nouvelle génération d’artisans africains audacieux, passionnés et engagés.

Originaire de Côte d’Ivoire, Ibrahim Cissé s’est imposé comme coiffeur professionnel à Paris, mais son parcours est tout sauf linéaire. Formé sur le tas, autodidacte affirmé, il a d’abord exercé sans ambition particulière avant qu’une rencontre fortuite ne l’immerge dans l’univers compétitif des barbershops parisiens. « C’est cette ambiance de compétition qui m’a fait comprendre que j’étais vraiment coiffeur », confie-t-il.

Mais Ibrahim n’est pas un coiffeur comme les autres. Ancien footballeur formé à l’Ivoire S-Académie, il garde des liens forts avec le monde du sport. Une passerelle s’est naturellement créée entre ses deux univers : aujourd’hui, il est le coiffeur attitré de plusieurs internationaux, notamment au sein des Étalons du Burkina Faso. Son rôle dépasse la simple coupe de cheveux : il devient confident, conseiller, parfois même figure fraternelle. « Le coiffeur joue un rôle psychologique important. Les joueurs ont besoin de se sentir bien dans leur peau pour performer. »

Le style, chez lui, devient signature. Une de ses coupes a même inspiré le logo de sa marque de vêtements, Atypique, qui voyage entre l’Afrique et l’Europe. Cette esthétique unique l’a propulsé jusqu’au milieu de la mode : lors d’un événement de la marque Be Free, il coiffe les mannequins… et devient lui-même égérie. « Je suis déjà mannequin dans mon salon », s’amuse-t-il.

Mais c’est surtout son rôle de promoteur culturel qui fait de lui une figure inspirante. En organisant trois éditions d’un festival dédié à la coiffure et à l’artisanat, Ibrahim milite pour une revalorisation des métiers manuels. « Mon père était instituteur, il m’a transmis l’amour de la transmission. Je veux éveiller la jeunesse et leur offrir une seconde chance. »

Panafricaniste convaincu, il rêve d’exporter son festival à Ouagadougou. « Le Burkina m’a accueilli, je me sens utile ici. » Il refuse de se laisser enfermer dans des frontières et veut démontrer que la réussite est possible en Afrique.

Ses projets à court terme ? Revenir dans la sélection nationale, relancer son festival, et pourquoi pas… coiffer un jour un président. « Tout est possible, même en venant de la coiffure », dit-il avec foi.

Son message à la jeunesse ? « Formez-vous, préparez-vous, ne rêvez pas sans vous donner les moyens. » Pour lui, la vie est un champ à cultiver : « On récolte ce qu’on sème. »

Par Ibrahima Kaliloullah

Vox Sahel

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