Sénégal: Le président Diomaye Faye révoque son ministre chargé de l’équipement
Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a pris la décision de révoquer son ministre chargé de l’administration et de l’équipement à la Présidence, Cheikh Oumar Diagne, le mardi 31 décembre 2024. Cette décision intervient après des déclarations controversées du ministre lors d’une interview diffusée le 21 décembre 2024 sur une chaîne de télévision locale.
Lors de cet entretien, M. Diagne avait qualifié les tirailleurs sénégalais de « traîtres » et affirmé que ceux qui les célèbrent ignoraient leur véritable rôle pendant la période coloniale. Il avait précisé que ces soldats, qui avaient combattu aux côtés des forces coloniales françaises, s’étaient retournés contre leurs « frères » durant les luttes anti-coloniales en Afrique.
Ces propos ont suscité une vive réaction au Sénégal, où la question des tirailleurs est d’une grande sensibilité en raison de leur contribution historique et de leur sacrifice, notamment lors du massacre de Thiaroye en 1944.Le décret de révocation signé par le président Faye le 31 décembre ne précise pas les raisons exactes de la décision, mais il est raisonnable de supposer que les propos de M. Diagne sur les tirailleurs en sont la principale cause.
Bien que le texte ne fasse pas directement mention de cet incident, l’impact des déclarations du ministre sur l’opinion publique semble avoir joué un rôle clé dans son éviction.Pour rappel, les tirailleurs sénégalais ont été victimes du massacre de Thiaroye, près de Dakar, le 1er décembre 1944, lorsqu’un groupe de soldats africains, revenant d’Europe après avoir combattu dans l’armée française, a été tué par les forces coloniales.
Ils réclamaient le paiement de leurs arriérés de solde, et bien que les autorités françaises aient évoqué une trentaine de victimes, de nombreux historiens estiment que près de 400 tirailleurs ont perdu la vie. Les circonstances exactes de ce massacre demeurent encore floues, tout comme l’identité des victimes et leur lieu de sépulture.
Par Amir BAKO

