Burkina Faso : La LONAB, actionnaire clé dans neuf grandes entreprises, y compris Jeune Afrique
La Loterie nationale burkinabè (LONAB) se positionne comme un acteur économique stratégique au Burkina Faso et au-delà. En plus de son rôle traditionnel dans l’organisation des jeux de hasard, elle est actionnaire dans neuf grandes entreprises opérant dans divers secteurs clés.
Lors de la 32e Assemblée générale des sociétés d’État, tenue en juin 2024, un rapport final a mis en lumière les investissements de la Loterie nationale burkinabè (LONAB) dans le capital social de plusieurs entreprises. Si cette stratégie illustre une diversification de ses activités, certaines prises de participation soulèvent des questions de conformité réglementaire a indiqué le média Burkinabè en ligne d’investigations
Selon le rapport, la LONAB détient des parts dans le capital social de neuf entreprises, dont des institutions financières majeures telles que la Banque Atlantique Burkina Faso, la Banque Agricole du Faso (BADF), et ECOBANK Burkina. D’autres investissements concernent des secteurs variés, comme BAGREPOLE et SOUROUPOLE dans le domaine de l’agriculture et de l’aménagement, ou encore la société SAFINE-SA et l’éditeur de presse Jeune Afrique .
Cependant, le document reste silencieux sur les pourcentages de participation, rendant difficile une évaluation précise de l’ampleur de ces investissements.
Le rapport souligne un problème majeur : trois des prises de participation de la LONAB – dans ECOBANK Burkina, Jeune Afrique et SOUROUPOLE – n’ont pas été régularisées par décret en Conseil des ministres, comme l’exige la réglementation en vigueur. Ce manquement expose la LONAB à des risques juridiques et pose un problème de gouvernance au sein des entreprises publiques.
Face à ces irrégularités, la LONAB a été invitée à « prendre les mesures idoines » pour se conformer aux exigences réglementaires. Une régularisation par décret semble être la voie à suivre pour garantir la légalité de ces investissements.
Ce constat met en lumière un besoin urgent de renforcement des mécanismes de contrôle et de gouvernance dans les entreprises publiques burkinabè. Il rappelle également l’importance d’une transparence accrue dans la gestion des participations financières, surtout dans un contexte où ces entreprises jouent un rôle clé dans l’économie nationale.
Cette situation n’est pas sans conséquences. Elle pourrait entacher la réputation de la LONAB et affecter la confiance des investisseurs dans les entreprises publiques burkinabè. Les autorités compétentes agiront rapidement pour éviter des répercussions plus graves sur l’économie et sur la crédibilité des institutions publiques.
Alors que l’Assemblée générale a permis de faire un état des lieux, l’attention est désormais tournée vers la LONAB pour voir comment elle se conformera aux recommandations du rapport. Une régularisation rapide et une communication transparente seront essentielles pour rétablir la confiance et assurer la pérennité des investissements publics.
Par Vox Sahel

