Suspension de la Voix de l’Amérique : Une nouvelle mesure du Conseil supérieur de la Communication au Burkina Faso

Suspension de la Voix de l’Amérique : Une nouvelle mesure du Conseil supérieur de la Communication au Burkina Faso

Le Conseil Supérieur de la Communication (CSC) du Burkina Faso a suspendu la diffusion de La Voix de l’Amérique (VOA) pour une période de trois mois. Cette décision fait suite à la diffusion d’une émission jugée nuisible pour le moral des forces armées burkinabè et maliennes. Selon l’Agence d’information du Burkina, l’animateur Bagassi Koura aurait qualifié l’attaque terroriste du 17 septembre 2024 à Bamako de « courageuse », une déclaration vivement critiquée par les autorités.

Les propos de Koura, qui a comparé cette attaque à celle du 23 août 2024 à Barsalgo, au Burkina Faso, remettent en question l’efficacité des efforts sécuritaires dans la région. L’émission Washington Forum, diffusée par VOA, a également avancé des chiffres sur l’attaque de Barsalgo, sans fournir de sources crédibles, selon le CSC. Cette manière de traiter des informations sensibles a conduit à la suspension de la radio, jugée coupable de discréditer les efforts des autorités de transition en matière de sécurité.

Le CSC n’a pas seulement sanctionné La Voix de l’Amérique. Il a également rappelé à l’ordre la radio burkinabè Ouaga-FM, lui demandant de faire preuve de plus de rigueur dans le choix de ses programmes.

Ce n’est pas la première fois que des médias internationaux sont sanctionnés par le Burkina Faso. En avril 2024, VOA avait déjà été suspendue pendant deux semaines pour des publications jugées dénigrantes envers l’armée burkinabè. Le pays a également suivi les exemples du Mali et du Niger en suspendant des médias français tels que RFI, France 24 et LCI. Cette tendance à la restriction des médias internationaux reflète la volonté des autorités de contrôler l’information diffusée dans le pays, particulièrement en ce qui concerne les questions sécuritaires.

Nestor Poodassé, coordonnateur national de la Planète des jeunes panafricanistes du Burkina Faso, a salué la suspension de VOA, estimant que la sanction de trois mois était insuffisante et que la radio aurait dû être fermée définitivement. Il qualifie ces médias internationaux de « propagandistes de terrorisme » et plaide pour la diffusion d’informations « crédibles » via des chaînes telles que RT Russe, la RTB (Radiodiffusion Télévision du Burkina) et Afrique Média.

Poodassé estime que les médias des pays occidentaux, notamment ceux membres de l’OTAN, diffusent de la désinformation et des contenus favorables aux terroristes. Il accuse ces médias de nuire à la communication patriotique en place au Burkina Faso, qui vise à soutenir les efforts des dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Podassé voit dans les médias russes, en particulier RT (Russia Today), une source d’information alternative plus favorable à la politique burkinabè. Selon lui, RT jouit d’une crédibilité importante auprès de la population locale, qui voit en cette chaîne une voix opposée aux médias « impérialistes » occidentaux. Il a même suggéré que RT Russe puisse établir une représentation officielle au Burkina Faso, soulignant que la chaîne serait la bienvenue pour contribuer à la diffusion de « bonnes informations » pour le public burkinabè et africain.

Cette suspension de La Voix de l’Amérique est une nouvelle illustration des tensions croissantes entre les autorités burkinabè et les médias internationaux. Le Burkina Faso, sous la direction du Capitaine Ibrahim Traoré, renforce sa souveraineté médiatique en s’appuyant de plus en plus sur des médias alternatifs comme RT Russe pour contrer ce qu’il considère comme des campagnes de désinformation occidentales.

Par Vox Sahel

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