Barrage de Pô : Le pangasius fait son entrée dans les cages flottantes
3 000 alevins de pangasius et 180 000 alevins de tilapia ont été introduits dans les cages flottantes du barrage de Pô. Une opération qui marque le démarrage effectif de la production piscicole sur le nouveau plan d’eau et ouvre de nouvelles perspectives pour les producteurs du Nahouri.
Pô, 18 septembre 2026. Moins de deux mois après la mise en eau du barrage, le site franchit une nouvelle étape. Le ministre d’État, ministre de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, le Camarade Commandant Ismaël SOMBIÉ, a procédé à l’empoissonnement des cages flottantes installées sur le plan d’eau.
Pour cette première opération, 3 000 alevins de pangasius ont été introduits, en complément de 180 000 alevins de tilapia. Une première qui diversifie les espèces élevées et ouvre une nouvelle expérience de pisciculture en cages flottantes à Pô.
Le pangasius, une nouvelle carte pour la pisciculture
L’introduction du pangasius constitue l’une des principales innovations de cette phase de production. Cette espèce vient compléter le tilapia et permettre aux producteurs d’explorer de nouvelles possibilités en matière d’élevage piscicole. L’opération est accompagnée d’un appui en intrants. Dix tonnes d’aliments pour poissons ont notamment été mises à la disposition des promoteurs afin de faciliter le démarrage de l’activité.
Au-delà de l’empoissonnement, l’enjeu est désormais celui de la maîtrise technique. Alimentation, surveillance, entretien des cages, suivi de la croissance et protection des installations seront déterminants pour conduire les poissons jusqu’aux premières récoltes.
Transformer l’eau en revenus et en emplois
La mise en production des cages flottantes traduit la volonté de faire du barrage de Pô davantage qu’un simple ouvrage hydraulique. Lors de sa mise en eau, le 25 juillet dernier, le président du Faso, le Capitaine Ibrahim TRAORÉ, avait insisté sur la nécessité de transformer rapidement l’infrastructure en un véritable levier de production au bénéfice des populations.
L’installation des cages et l’introduction des premiers poissons donnent aujourd’hui une traduction concrète à cette orientation. La pisciculture pourrait ainsi contribuer à diversifier les sources de revenus des populations, créer des emplois et renforcer progressivement l’offre nationale en produits halieutiques.
Une opportunité pour la jeunesse
Autour du barrage, les perspectives dépassent la seule activité piscicole. La disponibilité de l’eau devrait également favoriser le développement du maraîchage et des productions agricoles, avec la possibilité de créer progressivement des chaînes de valeur intégrées.
Pour la jeunesse de Pô et du Nahouri, cette dynamique peut constituer une source de nouvelles activités économiques, notamment dans la production, la transformation, la commercialisation, le transport et la distribution des produits issus du barrage.
L’intérêt des producteurs est d’ailleurs déjà perceptible. Plusieurs acteurs ont manifesté leur volonté de rejoindre l’activité. Le nombre de cages pourrait ainsi être progressivement renforcé afin d’élargir la participation des producteurs.
Une organisation collective indispensable
Le développement de la pisciculture en cages exige toutefois une organisation rigoureuse. La concentration de nombreux équipements et producteurs sur un même plan d’eau impose des règles communes de gestion et de surveillance.
La mise en place d’une organisation collective, notamment sous forme de coopérative, apparaît ainsi comme un enjeu important pour assurer l’entretien des cages, le suivi des poissons, la gestion des intrants et la protection des installations.
La réussite de l’expérience avec le pangasius dépendra également du respect des bonnes pratiques d’élevage et de la capacité des producteurs à assurer un suivi régulier des poissons. Selon les estimations présentées lors de l’opération, les premières récoltes pourraient intervenir dans un délai de quatre à six mois, sous réserve d’un suivi zootechnique et alimentaire adéquat.
Vers un pôle agro-piscicole
La pisciculture constitue cependant une première étape dans la stratégie de valorisation du barrage. Dès la prochaine campagne sèche, l’eau disponible devrait également être mobilisée pour soutenir les activités agricoles et maraîchères.
L’ambition est progressivement de faire du barrage de Pô un pôle de production agro-piscicole, combinant pisciculture, agriculture, maraîchage et, à terme, certaines activités pastorales. Cette approche permettrait de mieux valoriser la ressource en eau et de multiplier les activités économiques autour de l’ouvrage.
Avec 3 000 alevins de pangasius et 180 000 alevins de tilapia, le barrage de Pô entre ainsi dans une nouvelle phase : celle de la transformation de la ressource hydraulique en production, revenus et emplois. L’enjeu des prochains mois sera désormais de transformer cette première expérience piscicole en une activité durable, productive et capable de s’intégrer pleinement dans l’économie locale du Nahouri.

