Édito | Lutte contre la vie chère : Le contrôle doit durer, sinon…

Édito | Lutte contre la vie chère : Le contrôle doit durer, sinon…

Au Burkina Faso, le panier de la ménagère n’en finit plus de peser lourd. Chaque passage au marché est devenu une nouvelle épreuve pour des familles déjà éprouvées par la multiplication des charges. Dans ce contexte, la sortie de terrain menée le 14 août 2026 par la Brigade mobile de contrôle économique et de la répression des fraudes (BMCRF), avec l’appui de l’Agence burkinabè de normalisation, de la métrologie et de la qualité (ABNORM), est à saluer.

Elle répond à une exaspération qui gagne du terrain face aux pratiques spéculatives. Riz local, sucre, huile SN-Citec, savon Citec et autres produits réglementés : les contrôleurs ont découvert des cas de prix exagérés et de pratiques frauduleuses. Ces constats ne sont pas de simples irrégularités commerciales. Ils touchent directement au quotidien des familles.

Lorsqu’un produit indispensable augmente sans justification, c’est le repas qui est réduit, la dépense qui est reportée ou le budget familial qui bascule. Les populations sont aujourd’hui prises dans un étau. D’un côté, les dépenses s’accumulent. De l’autre, les possibilités de revenus ne progressent pas au même rythme. Et au milieu, les prix donnent parfois l’impression d’échapper à tout contrôle.

A force de subir, la patience peut finir par céder. Il faut donc saluer la détermination affichée par la BMCRF. Contrôler les prix, traquer les spéculateurs et sanctionner les pratiques frauduleuses, c’est protéger le consommateur et préserver un minimum d’équité dans les échanges.

Mais cette action ne doit surtout pas se transformer en simple opération de communication. Le véritable défi commence maintenant. Car les Burkinabè ont déjà vu des campagnes de contrôle produire des résultats avant de perdre progressivement leur intensité. Les précédents dans le secteur des motos ou du ciment doivent rappeler qu’une pression momentanée ne suffit pas.

Les pratiques sanctionnées peuvent rapidement revenir dès que les contrôleurs quittent les marchés. Il faut donc tenir dans la durée. Contrôler régulièrement, sanctionner lorsque cela est nécessaire, publier les résultats et surtout assurer un suivi permanent des prix.

La BMCRF doit disposer des moyens humains, matériels et financiers nécessaires pour mener cette mission sur l’ensemble du territoire. Mais le contrôle ne peut pas tout régler. L’Etat doit également s’attaquer aux causes de la flambée des prix, notamment les difficultés d’approvisionnement, les multiples intermédiaires et les dysfonctionnements dans les circuits de distribution.

Les populations ne demandent pas l’impossible. Elles veulent simplement pouvoir se nourrir, se soigner et satisfaire leurs besoins essentiels sans avoir le sentiment de livrer chaque jour une bataille contre les prix. La BMCRF a donc raison de serrer la vis. Mais il faut aller plus loin et surtout ne pas relâcher la pression.

La vie chère ne se combat pas par épisodes. Elle exige une vigilance permanente et des réponses rapides. Car à force d’accumuler les difficultés, le quotidien des ménages pourrait devenir tout simplement insupportable.

La Rédaction

Vox Sahel

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