Farel Ouédraogo : « Je veux aller chercher une médaille olympique et représenter dignement le Burkina Faso »

À seulement 22 ans, Farel Ouédraogo s’impose comme l’un des espoirs prometteurs du sprint burkinabè. Spécialiste du 60 et du 100 mètres, le jeune sprinteur, qui a débuté l’athlétisme en 2021, a rapidement franchi les étapes jusqu’à établir le record national du 60 mètres en 6’’72 lors des Championnats de France. En séjour à Ouagadougou, il revient sur son parcours, les sacrifices consentis pour progresser, ses ambitions internationales et les défis auxquels sont confrontés les athlètes burkinabè. Entre détermination, patriotisme et exigence de performance, Farel Ouédraogo affiche une ambition claire : se rapprocher du très haut niveau, participer aux Jeux Olympiques et, à terme, décrocher une médaille pour le Burkina Faso.

Quel souvenir de vos premières compétitions reste particulièrement marquant ?

Je dirais que mon premier titre de champion du Burkina Faso, remporté en 2021, reste l’un de mes souvenirs les plus marquants. C’était ma toute première année dans l’athlétisme et, dès cette première expérience, j’ai réussi à décrocher le titre. Cette victoire m’a énormément apporté en termes de confiance et m’a surtout donné l’envie de viser encore plus haut et d’aller beaucoup plus loin dans ma carrière. Et il faut reconnaître que, ces dernières années, vos performances témoignent d’une progression remarquable.

Vos performances connaissent une progression remarquable. Comment expliquez-vous cette ascension ?

Je pense que c’est avant tout le fruit du travail, de la discipline et de la confiance que j’ai en moi. Au fil des années et de mes différentes courses, j’ai beaucoup appris et gagné en expérience. Même lorsque les conditions n’ont pas toujours été faciles, j’ai continué à travailler, à persévérer et à progresser.

Quelle performance vous a donné le plus de confiance jusqu’ici ?

La performance que j’ai réalisée au Championnat de France, avec un chrono de 6’’72, constitue le record du Burkina Faso. Cette performance m’a véritablement fait prendre conscience de mon potentiel et m’a montré que je pouvais aller beaucoup plus loin dans l’athlétisme. Aujourd’hui, j’ai de nombreux projets et de belles perspectives pour la suite de ma carrière.

« Lorsque je cours avec le maillot du Burkina Faso, je ne cours pas seulement pour moi. Je porte les espoirs et les rêves de tout un peuple »

Quel est votre objectif sportif à court terme ?

A court terme, mon objectif est de continuer à progresser et de franchir un nouveau cap sur 100 mètres. Avec mon coach, nous nous sommes notamment fixés comme objectif, pour l’année prochaine, de nous rapprocher des 10’’10–10’’12 sur 100 mètres.

Même en vivant en France, quelle place le Burkina Faso occupe-t-il dans votre parcours ?

Il faut souligner que le Burkina Faso occupe une place très importante dans mon parcours et dans tout ce que j’entreprends. Je suis profondément fier d’être Burkinabè et, à travers chacune de mes actions, je souhaite également contribuer à faire rayonner et à mieux représenter mon pays.

Que représente pour vous le fait de porter les couleurs du Burkina Faso sur les compétitions internationales ?

Le Burkina Faso occupe une place très particulière dans mon cœur. C’est une immense fierté pour moi de porter les couleurs de mon pays. Lorsque je cours avec le maillot du Burkina Faso, je ne cours pas seulement pour moi. Je porte les espoirs et les rêves de tout un peuple. Je représente ma famille, mes proches et, surtout, l’ensemble des Burkinabè. À chaque course, je mesure l’honneur et la responsabilité de représenter fièrement mon pays.

« Je reçois énormément d’encouragements de la part des Burkinabè, notamment à travers mes différents réseaux sociaux »

Recevez-vous des encouragements et du soutien de la part des Burkinabè ?

Oui, je reçois énormément d’encouragements de la part des Burkinabè, notamment à travers mes différents réseaux sociaux. Ces témoignages de soutien me font énormément plaisir et renforcent davantage ma motivation à continuer à me dépasser et à aller chercher encore de belles couleurs pour le Burkina Faso.

Quels sont les grands objectifs que vous vous êtes fixés pour les prochaines années ?

Il faut avant tout savoir que mon ambition est de continuer à progresser, de me rapprocher progressivement du très haut niveau et de battre de nouveaux records nationaux. À plus long terme, mon objectif est de franchir un nouveau cap en participant aux grandes compétitions internationales, notamment aux Jeux Olympiques et aux Championnats du monde, avec l’ambition d’aller décrocher une médaille mondiale.

Si vous deviez choisir une compétition ou un titre qui vous fait particulièrement rêver, lequel serait-ce ?

Je dirais qu’une finale olympique serait évidemment un rêve immense. Je sais qu’à ce niveau de compétition, tout peut se jouer sur quelques détails. Mais je suis convaincu que, dans les années à venir, je me donnerai les moyens d’aller chercher une médaille olympique. C’est un objectif qui me tient à cœur et pour lequel je suis prêt à travailler dur.

« Je me donnerai les moyens d’aller chercher une médaille olympique »

Qui est Farel Ouédraogo en dehors des pistes et des séances d’entraînement ?

Il faut dire que Farid Ouédraogo est quelqu’un de simple, déterminé et entièrement concentré sur ses objectifs. En dehors de l’athlétisme, j’aime passer du temps avec mes amis. Je suis également étudiant en France, à Montpellier, où je poursuis des études en finance et comptabilité.

Comment trouvez-vous l’équilibre entre vie personnelle, études ou activité professionnelle et carrière sportive ?

Il faut reconnaître que cela n’a pas toujours été facile, car je devais concilier les études, le sport de haut niveau et également une activité professionnelle en parallèle. Cela demande beaucoup d’organisation et de rigueur. Mais j’ai récemment obtenu ma licence professionnelle, et aujourd’hui, mon objectif est de pouvoir consacrer davantage de temps à l’athlétisme afin de progresser et d’atteindre de nouveaux objectifs sportifs.

Y a-t-il un athlète qui vous inspire particulièrement ?

Il y a plusieurs athlètes que j’admire, mais je citerais particulièrement Hugues Fabrice Zango, pour son parcours exceptionnel, sa rigueur dans le travail et surtout la manière dont il représente le Burkina Faso au plus haut niveau de la compétition internationale.

« Si le Burkina Faso veut faire émerger de grands champions, il doit investir dans cette nouvelle génération »

Comment jugez-vous le potentiel de l’athlétisme burkinabè aujourd’hui ?

Je pense qu’il existe un énorme potentiel. Aujourd’hui, nous comptons des athlètes talentueux comme Sabo Soumaïla, Loué Yacouba et Sawadogo Alan, qui disposent de réelles capacités pour atteindre le plus haut niveau. Il est donc essentiel de poursuivre et de renforcer les investissements dans leur accompagnement, leur formation et leur préparation, afin de leur offrir les meilleures conditions pour exprimer pleinement leur potentiel et porter haut les couleurs du Burkina Faso.

Selon vous, que faut-il améliorer pour permettre à davantage de jeunes talents burkinabè d’atteindre le haut niveau ?

Je pense qu’il faut surtout renforcer l’accompagnement des athlètes, notamment à travers la mise à disposition d’infrastructures adaptées, l’organisation de stages et de compétitions, ainsi qu’un suivi médical régulier, qui est essentiel à leur performance et à leur santé. Il est également indispensable de renforcer le soutien financier afin de permettre aux athlètes de se consacrer pleinement à leur discipline et d’atteindre leur meilleur niveau.

« Sans soutien financier, il devient très difficile de préparer une saison dans de bonnes conditions »

Quel est justement votre avis par rapport aux questions d’encouragement, questions de bourse, questions de soutien aux athlètes Burkina Faso ?

Pour atteindre le haut niveau, un sportif a besoin d’un accompagnement adapté : stages de préparation, suivi médical, soins, alimentation et compléments alimentaires. Tout cela représente des coûts importants. Si le Burkina Faso veut faire émerger de grands champions, il doit investir dans cette nouvelle génération. À titre personnel, j’ai dépensé près de 8 000 euros cette année, entièrement sur fonds propres, dont 1,6 million de FCFA pour un seul stage de deux semaines. Je comprends donc les difficultés des athlètes : sans soutien financier, il devient très difficile de préparer une saison dans de bonnes conditions. Investir dans nos sportifs, c’est investir dans l’avenir du sport burkinabè.

Le Burkina Faso dispose de plusieurs athlètes de talent. Qu’est-ce qui pourrait permettre à cette génération de franchir un nouveau palier ?

Je pense qu’avec un meilleur accompagnement et une vraie continuité dans le travail, cette génération peut faire de très grandes choses. Il faut savoir que le talent est là, il faut simplement donner aux athlètes les moyens de s’exprimer.

Que peut-on attendre de Farel Ouédraogo dans les prochains mois ?

Dans les prochains mois, il y aura beaucoup de travail. Je vais revenir encore plus fort, continuer à progresser et surtout réussir à démontrer en compétition le niveau que je sais avoir à l’entraînement. Je vais continuer à faire parler de moi, mais surtout de Farel et du Burkina Faso.

Cet entretien tire à sa fin, avez-vous quelque à ajouter pour clore cet entretien ?

Ce que je peux ajouter, c’est qu’il faut rester vraiment concentré, car les prochaines années seront, j’en suis convaincu, particulièrement remarquables. Je connais ma valeur, je sais ce dont je suis capable et je crois profondément en mon potentiel. Je vais donc me remettre pleinement au travail, redoubler d’efforts, travailler avec détermination et surtout représenter dignement le Burkina Faso.

Interview réalisée par Ibrahima Kaliloullah 

Vox Sahel

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