Burkina/Interdiction de l’importation des fils de tissage et pagnes tissés : une mesure pour renforcer la filière textile nationale
Dans un souci de promouvoir et de dynamiser la chaîne de valeurs coton-textile-habillement, le gouvernement burkinabè vient de prendre une mesure radicale. Dans un communiqué conjoint en date du 24 septembre 2024, émanant du Ministère de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, et du Ministère de l’Économie et des Finances, il a été annoncé l’interdiction de l’importation des fils de tissage et des pagnes tissés sur l’ensemble du territoire national, à compter de la date de signature du communiqué, et ce, jusqu’à nouvel ordre.
Cette décision, qui s’inscrit dans une volonté de soutenir l’industrie locale du textile, vise à encourager la production nationale et à valoriser les matières premières locales, notamment le coton. Le gouvernement entend ainsi renforcer le secteur industriel local et accroître la compétitivité des produits « made in Burkina » sur le marché intérieur comme à l’international.
Un délai de trois mois pour les importateurs déjà autorisés
Les opérateurs économiques disposant actuellement d’autorisations d’importation encore valides bénéficieront d’un délai de trois mois à compter de la date de signature du communiqué pour finaliser leurs transactions. Passé ce délai, ces autorisations deviendront caduques, précise le communiqué.
Par ailleurs, les importateurs qui détiennent encore des stocks de fils de tissage et de pagnes tissés sont appelés à faire une déclaration officielle auprès de la Brigade Mobile de Contrôle Économique et de la Répression des Fraudes (BMCRF) ou auprès des directions régionales du Ministère en charge du Commerce.
Des sanctions prévues pour les contrevenants
Le gouvernement se veut strict sur l’application de cette mesure. Toute infraction à l’interdiction s’exposera à des sanctions sévères, conformément à la réglementation en vigueur. Les autorités comptent sur la coopération des services techniques de l’État et des importateurs pour la bonne mise en œuvre de cette décision.
Enfin, le communiqué invite toute personne constatant un non-respect de cette interdiction à dénoncer les contrevenants aux numéros verts mis en place : 80 00 11 84 / 85/ 86.
Cette mesure traduit l’ambition des autorités de promouvoir une industrie textile forte et compétitive, contribuant ainsi à la création d’emplois locaux et à la valorisation du coton, produit phare de l’économie nationale. Les opérateurs économiques devront désormais adapter leurs pratiques en conséquence, tandis que les consommateurs pourront s’attendre à voir davantage de produits locaux sur le marché.
Par Vox Sahel

