Burkina : Le mil chinois en expérimentation à l’ENAFA de Matourkou
Burkina : Le mil chinois en expérimentation à l’ENAFA de Matourkou
L’École nationale de formation agricole (ENAFA) de Matourkou, sous la direction de son Directeur général, Dr Issa Wonni, explore de nouvelles pistes pour diversifier et renforcer la production céréalière au Burkina Faso. Le jeudi 11 septembre 2025, Dr Wonni et ses collaborateurs, accompagnés d’une équipe du projet « mil chinois », ont procédé à une visite de terrain sur les parcelles d’expérimentation de cette culture encore peu connue dans le pays.
Implanté pour la première fois sur le site de Matourkou, le mil chinois suscite déjà l’intérêt des techniciens agricoles. Au terme de la visite, les deux équipes présentes ont exprimé leur satisfaction quant à la mise en place des parcelles et à l’évolution des plants. Selon les premiers constats, la croissance s’annonce prometteuse, avec un bon enracinement et une résistance appréciable aux conditions locales. Des observations techniques ont été immédiatement partagées sur le terrain afin d’identifier les atouts, mais aussi les points à améliorer pour de futurs essais.
Dans une démarche scientifique, l’ENAFA a également mis en culture du mil local, à proximité des parcelles de mil chinois. Cette approche permettra de suivre en parallèle l’évolution des deux variétés, d’évaluer leurs rendements respectifs, leur résistance aux aléas climatiques ainsi que leur capacité d’adaptation aux sols de la région. L’objectif est d’apporter des réponses précises aux producteurs et aux décideurs agricoles, afin d’envisager à terme une vulgarisation éventuelle de cette nouvelle variété.
Au-delà de la présente campagne, les acteurs du projet envisagent déjà une reconduction de l’expérimentation en saison sèche, cette fois aux abords du barrage de l’ENAFA. Une telle démarche permettra de tester la résilience du mil chinois face aux conditions plus difficiles de cette période, où l’irrigation devient indispensable.
Parallèlement, une réflexion est en cours pour créer une unité agro-industrielle dédiée à la transformation du mil chinois, mais aussi d’autres variétés locales. Cette unité devrait produire des biscuits, gâteaux, chips et autres dérivés à base de mil, contribuant ainsi à diversifier l’offre alimentaire, à valoriser les céréales et à créer de nouvelles opportunités économiques pour les producteurs comme pour les transformateurs.
Une innovation agricole porteuse d’espoir
Dans un contexte marqué par les défis de sécurité alimentaire et de changement climatique, l’introduction et l’expérimentation de nouvelles variétés comme le mil chinois s’inscrivent dans la volonté de renforcer la résilience de l’agriculture burkinabè. Les enseignements tirés de cette expérience pilote à l’ENAFA de Matourkou pourraient ouvrir la voie à de nouvelles pratiques culturales, mieux adaptées aux réalités locales, et participer à la dynamisation du secteur agricole national.
Avec ces premiers pas encourageants, le Burkina Faso confirme son engagement à explorer des solutions innovantes pour garantir une agriculture durable, productive et créatrice de valeur ajoutée.
Par Vox Sahel

