El Hadj Mohamed Doumi, président de la Fédération assalam international : « La création de la banque confédérale va rassurer les peuples de l’AES et les futurs partenaires »
El Hadj Mohamed Doumi, président de la Fédération assalam international et ambassadeur de la paix universelle, est revenu le 27 juillet 2025 sur plusieurs sujets d’actualité majeurs. De la crise au sein de l’UEMOA à la gouvernance publique révélée par le rapport de l’ASCE-LC, en passant par les tensions diplomatiques et les initiatives nationales, il a livré une analyse sans détour, appelant à des choix stratégiques forts pour l’avenir de la région.
Pour El Hadj Mohamed Doumi, le départ des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) de la réunion de l’UEMOA, tenue le 11 juillet dernier à Lomé, représente une ouverture vers la création d’une monnaie propre à l’AES. Ce retrait s’est produit lors de la 2ᵉ session ordinaire annuelle du Conseil des ministres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine, en raison de l’absence de consensus sur la désignation du Burkina Faso à la présidence tournante dudit Conseil.
A ses yeux, ce départ des ministres du Burkina Faso, du Mali et du Niger est porteur de sens. Il y voit un signe de solidarité entre les trois pays, qui partagent une même ambition, s’affranchir du poids de l’impérialisme et de ses relais. « Il faut sortir de l’UEMOA pour ne pas rester dans le cercle de l’Occident », a-t-il déclaré.
El Hadj Mohamed Doumi estime que la conjoncture actuelle constitue une opportunité stratégique pour poser les bases d’une monnaie indépendante. « Si les 3 Etats de l’AES créent leur propre monnaie, d’autres États africains vont suivre », a-t-il affirmé, convaincu que cette initiative pourrait affaiblir l’UEMOA, mais renforcer l’autonomie des États concernés. « La création de la prochaine monnaie de l’AES va consacrer sa souveraineté », a-t-il ajouté.
Dans cette dynamique, il a salué la création imminente de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), qu’il considère comme une avancée majeure pour rassurer les populations et établir la confiance avec les partenaires économiques. « La création de la banque confédérale va rassurer les peuples de l’AES et les futurs partenaires », a-t-il fait savoir.
El Hadj Mohamed Doumi a également exprimé son soutien à l’initiative présidentielle Faso Mêbo, qu’il voit comme un projet mobilisateur et structurant. Il a félicité la vision du président du Faso et de son gouvernement, qui ont su fédérer les Burkinabè autour de cette démarche. « C’est une bonne initiative de mettre le peuple burkinabè au travail », a-t-il martelé, tout en soulignant que de telles visions sont porteuses de progrès pour l’Afrique.
Sur un tout autre plan, il s’est insurgé contre les pertes financières révélées dans le rapport 2023 de l’Autorité supérieure de contrôle d’État et de lutte contre la corruption (ASCE-LC). La disparition de 150 milliards de FCFA interpelle, selon lui, et aurait pu être évitée. Il a insisté sur la nécessité de faire toute la lumière sur cette affaire. « Cette somme aurait pu servir à financer des projets structurants pour le pays », a-t-il regretté, appelant à situer les responsabilités.
Concernant la tension persistante entre le Mali et l’Algérie, Mohamed Doumi, ancien du FLN, a appelé les deux nations à faire primer l’intérêt supérieur de leurs peuples sur les divergences politiques. Il a lancé un appel au dialogue, qu’il considère comme la seule voie pour apaiser les tensions. « Le dialogue est nécessaire entre le Mali et l’Algérie pour arrêter la spirale de la haine et de l’incompréhension », a-t-il soutenu.
Dans la même déclaration, il a aussi tenu à réagir à l’annonce du décès d’Alain Christophe Traoré alias Alino Faso, survenu le 24 juillet 2025 en détention en Côte d’Ivoire. L’information a été rendue publique trois jours plus tard, suscitant une vive émotion au Burkina Faso. Mohamed Doumi a adressé ses condoléances à la famille du défunt et a exprimé des inquiétudes quant à l’impact de cet événement sur les relations bilatérales.
« La mort de Alino Faso va davantage cristalliser les tensions entre la Côte d’Ivoire et le Burkina », a-t-il estimé. Il appelle les autorités burkinabè à prendre les mesures nécessaires. « Le gouvernement doit exiger une enquête sur le décès du compatriote, pour situer les responsabilités », a-t-il ajouté. Réitérant ses condoléances à la famille éplorée.
Amir BAKO

