SN Citec SA : Quand l’industrie sème pour récolter l’avenir du coton burkinabè
Sous un ciel de saison, baigné par les promesses d’un bon hivernage, des champs de coton s’étendent à perte de vue. Dans cette vaste étendue verte, une délégation de la SN Citec SA foule la terre de Soumousso, symbole d’un engagement industriel inédit ce 16 juillet 2025. À sa tête, le Directeur Général Ibrahim TRAORE, venu constater l’évolution de trois parcelles de coton, récemment acquises par la société dans le cadre de son programme de soutien à la production cotonnière nationale.

Ce n’est pas un simple geste de soutien, mais bien une stratégie de relance intégrée, pilotée par une entreprise dont la survie industrielle dépend étroitement de la vitalité du coton burkinabè. Pour la SN Citec SA, acteur clé de la transformation agro-industrielle, notamment dans la production d’huiles et de sous-produits à base de coton, produire, c’est aussi protéger sa chaîne de valeur.
Ces dernières années, la production cotonnière du Burkina Faso a connu une baisse drastique, fragilisant toute la chaîne de valeur, de la culture au traitement industriel. Ce contexte a interpellé la SN Citec SA, dont l’approvisionnement dépend directement de la performance du secteur.

Dans une dynamique proactive, la société a donc acquis trois champs pilotes, confiés à l’encadrement technique de la SOFITEX. L’objectif est clair : montrer qu’avec des moyens ciblés et un bon encadrement, le coton peut redevenir une culture rentable, même en période d’incertitude.
Selon les techniciens sur place, le rendement attendu dépasse une tonne par hectare, un chiffre prometteur qui redonne de l’espoir à une filière en quête de redressement.
Pour Jérôme DABIRE, Chef de zone cotonnière Bobo Sud, l’initiative de la SN Citec SA est à saluer comme un modèle de partenariat gagnant-gagnant entre secteur industriel et production agricole.

Il espère que ce type d’initiative fera école et incitera d’autres entreprises dépendantes du coton à investir directement dans la production, brisant ainsi les silos entre agriculture et industrie.
Une démarche de souveraineté industrielle
La SN Citec SA ne s’arrête pas là. Selon des sources internes, ce projet pourrait s’étendre à d’autres zones de production dans les mois à venir. Pour son Directeur Général, l’enjeu dépasse la simple rentabilité agricole : il s’agit de sécuriser l’approvisionnement, mais aussi de participer à la souveraineté industrielle du pays.
En investissant directement dans la production, l’entreprise espère réduire sa dépendance aux fluctuations du marché, mieux maîtriser ses coûts et contribuer à la stabilisation d’un pan crucial de l’économie nationale.
La filière coton reste un pilier de l’économie burkinabè, employant des milliers de familles rurales, générant des devises, et soutenant l’industrie textile et oléagineuse. Mais sa survie repose aujourd’hui sur des efforts conjoints : pouvoirs publics, producteurs, transformateurs et investisseurs privés doivent désormais jouer collectif.

Ce retour à la terre de la part d’un industriel n’est pas anodin. Il témoigne d’une prise de conscience de plus en plus forte : l’avenir industriel du Burkina Faso dépendra de sa capacité à sécuriser ses filières de base, à commencer par le coton, longtemps surnommé « l’or blanc ».
À Soumousso, le pari semble bien engagé. Les jeunes plants de coton sont en fleur. Et avec eux, renaît peut-être l’espoir d’une filière revigorée, portée par une volonté collective de redonner vie à l’une des grandes richesses agricoles du pays.
Par Vox Sahel

